31.3.2004

intervention à Argenteuil

[ le temps réel ]
intervention à Argenteuil (dans le train du retour)
dans le train du retour...

par jean-sebastien à 23:30 | Commentaires(16) | Lien permanent

29.3.2004

Bastille

[ le temps réel ]
Bastille (Jerome)
Jérôme

par jean-sebastien à 18:44 | Commentaires(2) | Lien permanent

déjeuner à l'Autre Café

[ le temps réel ]
l'Autre Cafe (Olivier)
Olivier

par jean-sebastien à 13:23 | Commentaires(17) | Lien permanent

27.3.2004

restaurant Fusion

[ le temps réel ]
Fusion (Nicolas)
Nicolas (hors champ : A et le minou)

par jean-sebastien à 21:24 | Commentaires(30) | Lien permanent

Skorecki est le héros (et A le bandit)

[ le temps passé ]
Dans le petit milieu de la critique de cinéma, Louis Skorecki (qui officie du lundi au vendredi dans sa colonne de Libé) est le héros. Pour être tout à fait juste, il faudrait en adjoindre un autre, Olivier Séguret : ils sont les deux seuls à décloisonner la cinéphilie (volontairement je ne parle pas des critiques que je connais bien et qui jouent la même partition, ce serait indécent), à la dépoussiérer, à l'aérer (ça tombe bien puisque c'est le printemps) là où beaucoup d'autres prennent racines, tels des grenouilles de bénitier intriguants sur un territoire étique et rétréci, au risque de s'y assécher et d'être aussi dur et peu aimable que du bois mort.

Skorecki lui est bien vivant, et vendredi dernier il écrivait l'une de ses meilleures chroniques. Le fil rouge en était le direct (par opposition au différé et à l'embaumement), dont il disait qu'il était le seul à nous tenir en vie. Pour lui c'est, je cite, Chabrol, Fogiel, Ford, la Nouvelle Star, Bresson, Renoir contre les hypocrites du différé, Huston, Wilder, Ardisson, Field ou la publicité (au passage quel panache de mettre ainsi sur le même plan le cinéma et la télé, j'adore!).

En lisant Skorecki sur le direct, je me suis souvenu d'une mésaventure plutôt humiliante qui m'était arrivée il y a de ça quelques années, alors qu'on nous avait proposé, à ma soeur et moi, d'assister à une émission de monsieur A. Qui est A me direz-vous? Une personnalité célèbre de la télévision, capable du pire comme du meilleur, mais dont je ne peux dévoiler l'identité sous peine de me voir attaqué pour diffamation, étant donné que je ne peux amener la preuve de ce que je vais décrire plus bas.

Plein d'entrain, nous arrivons sur le lieu de l'émission : plaçons nous dans le fond, pas la peine d'être sous les sunlights...évidemment un type était là pour recruter les belles gueules : il repère ma soeur et nous demande de nous approcher sur le devant. Ne soyons pas bégueule, après tout nous sommes ici pour regarder de près le fonctionnement d'une émission (inutile de préciser : en différé). Nous prenons la place de personnes recalées au dernier rang (trop moche toi, dégage au fond!).

Puis arrive le chauffeur de salle...D'abord pas très drôle, plutôt navrant, le "chauffeur" finit néanmoins par lancer quelques bonnes boutades auxquelles j'ai ris de bon coeur (aller, participe JS!). Puis l'émission commence. A, qui peut être très inspiré est sinistre ce jour là. Il reçoit un publicitaire de renom (entre autre) et la discussion qui s'engage autour de l'éthique est assez désolante. Bref...l'émission se passe...Voilà, c'est fait, on a assisté à une émission de télé : bof, c'est un peu décevant.

Dans les jours qui suivent l'émission est diffusée et là horreur! Je vois JS (c'est à dire moi) s'esclaffer à une blague pitoyable de A...Très vite je comprends : ces salauds nous avaient filmés lorsque le "chauffeur" chauffait, et hop ni une ni deux je t'embrouille, je monte les image de JS rigolant (à la boutade du chauffeur) sur la blague d'A. Evidemment plusieurs amis avaient regardé l'émission (re-honte). J'ai compris ce jour là que la télé ne devait pas être le lieu du montage (ça c'est le cinéma) mais bien celui du direct.

Plus jamais on ne m'y reprendra. Mort au différé! Vive le direct! Vive the new flesh! Vive Skorecki!

par jean-sebastien à 18:25 | Commentaires(15) | Lien permanent

dans le train du retour

[ le temps réel ]





par jean-sebastien à 13:12 | Commentaires(1) | Lien permanent

26.3.2004

intervention à Laval

[ le temps réel ]
intervention à Laval (Willy)
Willy

par jean-sebastien à 23:32 | Commentaires(7) | Lien permanent

25.3.2004

"facingness" chez Paradjanov

[ cinéma ]



Quelques beaux exemples de facingness dans Sayat Nova de Paradjanov revu hier sur le câble. Avec ce film on comprend en creux comment le cinéma dans son ensemble a dès le départ prêté allégeance à la vision perspectiviste de la Renaissance italienne. Ici ce ne sont qu'a-plat de couleurs, regards et actions frontales des personnages. Des personnages? Des figures plutôt, des symboles comme l'annonce un carton en préambule. Si on devait filer la comparaison avec la peinture, Sayat Nova ce serait peut-être la norme du cinéma si la peinture du Quattrocento et la découverte scientifique de la perspective n'avaient pas eu lieu. En fait on pense surtout à la peinture du moyen-âge, et même à certains peintres pré-renaissance comme Giotto, encore que ce soit Pirosmani, un peintre primitif géorgien à cheval sur le XIXème et le XXème siècle (mais que je ne connais pas) qui soit apparemment une des références picturales (et dont s'inspirait surout Les Chevaux de feu).

En tout cas on voit comment le facingness ici va de pair avec une certaine tendance de l'ars poetica. Plus vraiment de récit au sens traditionnel du terme mais, comme dans le parcours du Christ illustré dans certaines peintures, une série de "stations" de la vie du poète Sayat Nova dont nous ne comprenons qu'allusivement les tenants et aboutissants, mais qui sont de saisissants flashs picturaux. Comme d'habitude chez Paradjanov la présence divine revêt une importance considérable. Dieu est partout, à l'emplacement même de la caméra (si bien que les incessants regards-caméra semblent des regards à Dieu - notre monde est une fenêtre répètent à plusieurs reprises les personnages).

On imagine le calvaire de ce cinéaste qui en 1968 réalisait ce film aux antipodes du tout venant politique de l'URSS. Il fut d'ailleurs emprisonné pendant cinq ans dans un goulag pour son homosexualité, ce qui ajouté au caractère religieux de ses films devait passer pour l'hérésie politique la plus totale. En passant il réunissait à lui seul ce que l'extrême gauche a toujours honnit : la sexualité (quand elle n'est pas normative) et l'art (quand il n'est pas politique).

par jean-sebastien à 11:39 | Commentaires(4) | Lien permanent

24.3.2004

Casimir in the sky with diamonds

[ le temps réel ]
Casimir in the sky with diamonds
je n'ai pas pu résister...(spéciale dédicade pour Willy ;-)

par jean-sebastien à 20:25 | Commentaires(7) | Lien permanent

la vie comme spectacle

[ télé en série ]
Il y a quelques jours, la lecture d'un entretien d'Arthur Danto dans Libération m'a plongé dans un abîme de réflexion. Ce philosophe et critique d'art américain qui vient de recevoir un prix pour la parution en livre de ses critiques régulières sur l'art dans The Nation, évoquait avec une certaine nostalgie le temps où, dans le New-York des années 60 "surgissaient partout des tentatives visant à abolir l'écart entre l'art et la vie : Fluxus, les happening...". Il émet l'idée que "l'idée majeure de ces mouvements provient du bouddhisme zen tel qu'il fut diffusé à New-York par le professeur Suzuki, à l'université de Columbia". Puis il ajoute qu'à cette époque "on entendait un discours sur la réalité, avec cette idée qu'aucune expérience n'est plus importante qu'une autre. Suzuki fut le maître à penser de John Cage, qui essaya d'abolir la différence entre bruit et son, et montra qu'on peut faire la musique des bruits de la vie".

Aujourd'hui où on nous rebat les oreilles avec cette idée que les Loana et autres nouvelles stars ne sont que de vulgaires avatars des stars d'antan, je me demande s'il n'y a pas à méditer la nostalgie de Danto et les tentatives des artistes newyorkais des années 60. C'est comme si en quelque sorte la télévision avait réalisé ce que les autres arts avaient préférés ignorer pour partir dans d'autres directions. Il est très curieux de penser que ce qui relevait, il y a près de quarante ans, de l'underground pur et dur s'est mué, avec le temps, et sous l'égide de la culture de masse, en une chose partagée par tous et même ritualisée comme une grande messe cathodique et quotidienne.

Je dis ça aussi parce que Sandrine m'a emmené voir une pièce sur la télé réalité "Ma vie de chandelle" que je n'ai pas du tout aimé. Il est vrai que je ne suis pas trop théâtre (je m'y ennuie assez vite) mais là cette espèce de dénonciation balourde sur le mode "la vie c'est pas du spectacle" j'ai trouvé ça tellement réactionnaire... En vertu de quoi d'abord la vie ça ne serait pas aussi du spectacle? Et est-ce que ce n'est que de "la vie", ou bien quelque chose de mutant? Pourquoi faut-il toujours qu’on en revienne à des lieux communs ressemblant à une lecture mal digérée de Guy Debord (que déjà je trouve très contestable et puritain)? La pièce fonctionnait de plus sur une espèce de culpabilisation du spectateur-voyeur vraiment déplacée. Il me semble que dans nos sociétés modernes, le spectateur est un peu plus malin que ces gens ne l'entende et l'idée de représentation un peu plus ambiguë.

Je me souviens de l'apparition de ce site passionnant et déroutant, la jennicam, qui m'avait fasciné pendant pas mal de temps (mais je n'y suis pas retourné depuis plusieurs années; que devient-elle?) et qui redéfinissait complètement l'idée de spectacle telle que nous l'entendions généralement depuis le XIXème siècle. Ici c'était elle qui était en représentation, c'est à dire que ce n'était pas vraiment un documentaire sur sa vie (puisqu'il n'y avait pas d'effet "de réel" ici et il y avait ce jeu constant avec les internautes-spectateurs), ni tout à fait une fiction (puisque c'était elle en tant que personne qui se filmait avec ses webcams). C'était totalement nouveau, proche finalement de l'esprit des artistes newyorkais des années 60, même si depuis ce genre d'expérience a quelque peu été éclipsé par la télé réalité.

C'était d'ailleurs assez différents des émissions comme le Loft dans la mesure où c'était à elle de gérer son intimité comme elle l'entendait, avec cette indéniable part de séduction et d'attente de part et d'autre de la toile qui rendait son site si fascinant. Ce n'était pas un peep show non plus (contrairement à ce Loft gay porno (et payant!) sur lequel j'étais tombé un jour). Le silence de ce site me manque un peu (la télé étant parfois un peu trop bruyante). Il va falloir que j’y jette un œil de nouveau…

ps : je conseille vivement la lecture du texte de Sébastien sur Pialat et le Loft...

par jean-sebastien à 00:55 | Commentaires(10) | Lien permanent
Posts  1 - 10 /46