07.6.2005

la petite Sydney court...

[ télé en série ]
la petite fille courait, courait...
La petite Sydney court, jusqu'à épuisement. Elle a déjà l'intuition que plus grande, il lui faudra courir toujours plus, comme une héroïne de film d'action, afin d'élucider peu à peu les mystères qui vont obscurcir sont enfance. Courir pour elle, c'est une façon d'éviter la dépression, de sublimer ses multiples névroses, de garder autant que faire se peut, un esprit sain dans un corps sain, là où des puissances s'acharnent déjà contre elle, petite fille en quête de paix et de vérité. Dans Alias, la série dont elle est l'héroïne, pour faire retour sur le passé, il faut paradoxalement avancer, courir vers l'au-delà de l'horizon, conquérir le présent afin de recouvrer ses origines et s'acheminer enfin vers son devenir. Ici, le cabinet du psychanalyste est un terrain de jeu à l'échelle planétaire, l'iintrospection est une action. De là à imaginer que tous ces personnages sont le fruit de son imagination, il n'y a qu'un pas. D'ailleurs, il ne sont pas vraiment réels, ils reviennent sans cesse là où ils sont pourtant censés être morts, ils sont comme lazare (d'ailleurs un personnage ne s'appelle t'il pas Lazarey?), ils renaissent tous au moins une seconde fois, au pire ils se transforment, font volte-face. Ils ont souvent une seconde chance. L'imagination bouillonnante de la petite fille est ainsi : c'est une grande parade de la ressurrection des corps. Elle même meurt pour mieux renaître, comme l'atteste sa saison 3. Elle fut une autre, dans un grand trou noir, mais elle est redevenue Sydney après avoir disparu dans la crypte. Pourtant, dans cet étrange épisode 14 où tout est redoublé, c'est la seconde chance de Sydney qu'on chercher à anéantir. Lauren ne se contente pas de lui avoir pris Michael, elle rejoue, avec Julian Sark, un idéal de couple d'action que seuls Sydney et Michael Vaughn avaient jusque là incarné. Comme si, finalement, après avoir pris sa place auprès de son amoureux, c'était la série elle même qui cherchait à l'effacer derrière les prouesses de sa concurrente. Tandis qu'elle court, la petite Sydney entend qu'on l'appelle. Son père sans doute. "Sydney!" C'est sûr, il faut qu'elle cesse de s'éloigner dans le fond de l'image, il faut qu'elle revienne sur le devant de la scène, qu'elle reprenne les rennes de sa vie. Elle a jusqu'à la fin de la saison pour y parvenir.


par jean-sebastien à 21:50 | Commentaires(4) | Lien permanent