appendice | [ cinéma ] |
"Qu'il s'agisse d'une pièce ou d'un film, on doit faire penser le public malgré lui...Le public vient et si vous êtes un bon dramaturge, il sort en pensant. Telle est à mon sens la marque de notre réussite. Mais si le public vient pour penser, alors tout cela devient un peu pédant, un peu triste aussi".
Puis un peu plus loin Lourcelles continue sur la question de l'acquis :
"Cet acquis repose notamment sur le refus du psychologique au profit du tragique ; sur le refus de la structure libre au profit de la stabilité des genres ; sur le refus de la formulation littéraire et discursive de l'idée ou des idées du scénario au profit de leur incarnation en une variété réelle d'épisodes, péripéties, itinéraires, métamorphoses, etc..."
Dans le quatrième point, il ajoute :
"La notion de genre a déjà par elle-même, dans le cinéma américain, une tendance à se vider de son contenu psychologique, social ou moral pour laisser place à un élément mythique et parfois - plus rarement - érotique, qui en résume et en avive le sens"
Et si, au fond, Guiguet était, sous ses dehors très français, un cinéaste de genre, et même un cinéaste américain (exception faite, peut-être, de la "formulation littéraire de l'idée")?
ps : chaleureux remerciements à P/Z
ps2 : ici et ici
ps3 : ajout pour Scanner :
"Le monde des films de Jacques Tourneur est le monde de la ténacité et de la surprise continuelle. Mais la surprise continuelle (surprise d'exister, surprise de ne se sentir fait pour rien en ce monde et de se trouver pourtant y remplir un rôle) revient à l'absence - une absence totale - de surprise. Il ne reste plus que la ténacité."




