01.10.2005

mail d'un ami

[ cinéma ]
j'ai lu ton texte. super, énergique, argumenté. je comprends ton rejet
allergique. Même si je ne le partage pas.

En fait je repense à notre discussion sur le Spielberg et à la manière dont
malgré tout tu veux sauver ce que moi je trouve insauvable et scandaleux
(alors que sur les Larrieu tu es intraitable!) C'est que tu pardonnes à l'affect.
Pas au plaisir. Parce que l'affect témoigne d'une altérité, le plaisir d'un
égocentrisme. Et tu seras toujours du côté de l'affect, de la déchirure, du
drame, de la profondeur de ce qui marque et trouble. Moi aussi, pas de
problème. Mais il y a un moment où je dis stop! lorsque la logique de l'affect
mène à des conneries insauvables (Tim robbins).

Inversement, côté plaisir number one, idéologie généralisée aujourd'hui, avec
le sexe superstar, je trouve que le Larrieu est dans un hédonisme bobo plutôt que bourgeois de droite. C'est le film qui chope pile l'air du moment, c'est très
intelligent. En cela il est peut-être proche de "ma mère" de Honoré, des films
purement pervers, au sens où il n'y a plus de drame aucun et qu'on rentre
dans une pure idéolgie de surface. Ces tentatives m'intéressent vraiment
même si elles ont leur limite.

Des fois aussi j'en ai marre du drame.


Et aussi : point de vue scénario, sur l'enchaînement progressif des actions, je trouve que c'est vraiment finement manoeuvré...

par jean-sebastien à 12:39 | Commentaires(8) | Lien permanent