22.2.2006

un détail

[ cinéma ]
Il y a ce moment dans Walk the Line, où June Carter apprend à pêcher à Johnny Cash. Plan serré, filmé en longue focale (fond flou). Ce plan, se dit-on, en évoque un autre où on voit Cash de dos, sa guitare en bandoulière, face à un public, lui aussi flou du fait de la longue focale. On y pense immanquablement. On se dit tiens, le plan qui va suivre, c'est forcément un plan de concert. Puis, avant que le plan de pêche se termine, la musique apparaît, comme une sorte de transition smooth avec le plan qui va suivre, effectivement un plan de concert filmé en longue focale. Je me dis que c'est peut-être ça l'académisme, une forme sur laquelle le spectateur a de l'avance, une forme qui prééxiste au travail de l'imagination. Et aussi cette volonté d'arrondir les angles, de mettre la musique en amorce du plan suivant pour ne pas bousculer le spectateur. Mais les américains sont forts : même dans un film aussi ronronnant que Walk the Line, il leur reste les acteurs et la culture, une culture vivante et ancrée (la musique) pour nous émouvoir.

ps : par ailleurs, le plus beau film sur Johnny Cash est un clip, celui de sa chanson Hurt. Un biopic de quelques minutes à peine, travaillant la béance et l'ellipse comme le film ne sait pas le faire, comme aucun biopic cinématographique ne saura sans doute jamais le faire.


par jean-sebastien à 14:57 | Commentaires(14) | Lien permanent