"Que la vie est dégoûtante, mon Dieu... Quels mauvais tours elle noue joue : après un moment de liberté, cette déconvenue... Nous sommes assis au milieu de miettes de pain et de serviettes tâchées. La graisse se fige déjà sur le tranchant de ce couteau. Le désordre, la laideur et la corruption nous entourent. Nous venons de manger des cadavres d'oiseaux. C'est avec ces miettes de pain imprégnées de graisse et ces serviettes salies, c'est avec ces petits cadavres que nous bâtissons. Et ça recommence sans cesse ; nous sommes toujours en présence de l'ennemi ; des yeux rencontrent nos yeux ; des doigts s'emparent de nos doigts ; sans cesse, on exige de nous un nouvel effort. Il faut appeler le garçon. Il faut régler l'addition. Il faut péniblement se lever de table. Il faut aller chercher nos pardessus. Il faut partir. Il faut, il faut, il faut - ce mot détestable." (...)