12.5.2004

la première impression est-elle toujours la bonne?

[ Cannes 2004 ]
Une arrivée à Cannes, ville alors en pleine effervescence au moment du festival, est une expérience qui n'en finit pas de dérouter. Je crois que c'est Sandrine qui parlait d'un sentiment de panique, a fortiori quand on débarque alors que les festivités ont déjà un peu commencées. C'est tout a fait exact. Après trois années passées à fréquenter le festival, c'est toujours la même impression qu'il faudra faire des efforts surhumains pour s'acclimater au rythme effréné de la ville, un peu comme s'il fallait passer dix jours d'affilée un samedi après-midi au Forum des Halles, avec en plus le stress lié à la difficile combinaison des multiples séances qui s'accumulent au gré des différentes sélections.

Bien entendu ce phénomène de déroute spacio-temporelle momentanée est sans doute connue de pas mal de voyageurs. Je me souviens du choc matinal violent, après une courte nuit à dormir dans le train, que je ressenti (sans réel déplaisir) à la sortie de la gare de Venise, pénétrant au seuil de la ville. Il faut arriver par la train à Venise, car alors on longue la lagune, comme si le train flottait sur l'eau, mais également parce que la gare elle-même est des plus banale (style architecture internationale), et que la première vision de la ville brise instantanément nos repères, semble un théâtre mouvant enclavé dans le passé (pas de voiture, tout juste des antennes qui rappellent le siècle auquel nous vivons). Très vite l'impression s'estompe, mais ce premier flash on ne l'oublie jamais vraiment, de même que l'absolue liberté et sinuosité de la marche définissent singulièrement la ville.

Néanmoins il suffira de quelques heures et de quelques jours pour que Cannes prenne un relatf caractère routinier. Très vite on retrouvera les têtes d'ordinaire croisées à Paris, avec ce même brin d'exotisme international dû à la présence des nombreuses langues et nationalités. Réussira t'on un Cannes festif ou un Cannes studieux? Un Cannes pépère ou survolté? Multirelationnel ou monomaniaque? Comme presque partout ailleurs, au bout d'un moment la ville nous appartiendra. Son univers sera facilement appréhendé (un univers synthétique bien sûr, mais c'est précisément ça qui est fascinant). J'ai peur que même les intermittents ne réussissent pas à donner à cette édition le caractère insurrectionnel qui fait si souvent défaut au festival, lequel lui préfère un ronronnement un peu hystérique, si tant est que cela fasse sens.


Commentaires

maxime - http://silence.pederama.net
2004-05-13 12:16:23

tout à fait d'accord pour Venise, l'arrivée en train devant le grand canal (on a l'impression d'être jeté dans Venise) provoque une découverte instantanée de la singularité de la ville. est-ce aussi l'adieu aux roues dès le moment où l'on passe la porte de la gare, une stargate?


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