des films encore des films... | [ Cannes 2004 ] |
"oui mais pour un Choristes, combien de Taxi?" Si Les Choristes sont aujourd'hui l'alpha et l'omega du cinéma français, le genre de films qui pourrait le sauver de l'abjection Taxi, alors il y a vraiment de quoi déprimer...
Heureusement, depuis ce début de festival, j'ai quand même vu quelques films très emballants.
A commencer par un japonais sorti de nulle part intitulé The Taste of Tea et réalisé par un certain Ichii Katsuhito. Le film décrit le quotidien d'une famille loufoque, mais en traitant chacun séparément dans ses aventures intimes, au moins en grande partie. Les saynettes se suivent en ordre dispersé, sans logique apparente, le récit prenant même des détours (une histoire racontée par l'oncle qui prend vie à l'écran), si bien qu'on ne sait jamais vraiment ce qui va suivre la séquence d'après. Peu à peu pourtant le film prend une tournure plus homogène. D'abord objet un peu conceptuel et hétérogène (pour info, le réalisateur a réalisé les séquences animées de Kill Bill), le film éclot lentement comme une fleur pour atteindre à une émotion intense dans ses dernières minutes. D'ors et déjà LA découverte de ce festival...
Los Muertos de l'argentin Lissandro Alonso est tout aussi audacieux. Un homme qui a assassiné ses frères (saisissante première image) sort de prison et rentre chez lui. Le film tout entier est consacré à son trajet et se clot lorsqu'il parvient au terme de son périple. Parler de périple est un bien grand mot d'ailleurs tant le film distille les événements au compte-goutte (le ratissage d'un tronc creux pour en extraire du miel d'abeille constituant un des événements majeurs). Généralement, les films de trajet sont constuits sur deux modèles : le gain ou la perte. Le gain : le personnage est soumis à une série d'épreuves et de rencontres qui l'enrichissent peu à peu. La perte : le personnage ne retire de son voyage qu'un sentiment de vide, un peu à la manière des films de désert, dont Gerry, l'extraordinaire film de Gus Van Sant est l'un des derniers exemple.
Le film d'Alonso ne concourre dans aucune de ces deux catégories. Il serait plutôt bahavioriste, le cinéaste enregistrant de strictes événements factuels (marcher, manger, demander son chemin, tuer une chèvre) en dépouillant son récit de toute morale. En un sens c'est un film dont on ne peu tirer aucun bénéfice (ce qui peut-être fait aussi sa limite), sinon celui que confère l'observation désintéressée du réel. Néanmoins il reste cette image de corps ensanglantés gisants à terre qui est comme le refoulé de cette "neutralité" figurative et qui hante inconsciemment le reste du film.
Le Kore Eda était quant à lui plutôt décevant, le Almodovar je ne l'ai pas vu, le Kusturica non plus (de toute façon je ne supporte pas ce cinéma en surrégime permanent et que je trouve toc)...
bientôt d'autres films...(à l'heure où j'écris ces lignes il est temps de se coucher...)
Commentaires
2004-05-15 13:32:32
Ah là là, le cinéma « en surrégime »... et moi qui fais tout pour perdre quelques kilos : tu sais, ils nous ont, à la prod, promis un « bol d'air » à la clé, si… et si, et si, et si... on pouvait débarquer d'un coup d'un seul sous les palmiers de Cannes... ouah ! je serais à plein régime, là ! Énoooorme, ce serait...
Rumeur rumeur, court court Croisette... (Kiss kiss, js)
Je n'y suy pas, là.
Je suy K.
PS : Au secours les désignations de demain ! Nadja va-t-elle nous trahir, Carole et moi, les deux plus chouettes teignes de tout festival... ? (J'en peux plus d'Élodie, moi... quelle gnan gnan fausse derche !)
2004-05-15 15:54:31
Premier coup de coeur : le film coréen de Park Chan Wook : Old boy... Même si...



