17.2.2006

histoires de couples

[ cinéma ]
Bon, c'est vrai, je ne suis pas très fan du film de Nobuhiro Suwa, Un couple parfait. C'est indéniablement talentueux, parfois très beau. Le raté, d'un point de vue formel, c'est principalement l'improvisation qui confine souvent à l'approximation, en particulier concernant les acteurs secondaires, tous très mauvais (Bruni-Tedeschi et Todeschini sont pas mal).

Malaise d'acteur
Dans la scène du restaurant, quand Joana Preiss rejoint Valeria Bruni-Tedeschi aux toilettes,elle ne sait pas quoi dire. C'est très gênant. Je veux dire, on est gêné pour elle, on voit qu'elle ne sait pas répliquer à VBT, elle cherche ses mots, elle n'en trouve pas, le seuls qu'elle trouve, ce sont des mots de téléfilm. VBT l'a violentée, comme on peut le faire chez Cassavetes par exemple. Ce qui est beau généralement dans une improvisation, c'est qu'elle est une lutte entre deux corps, une lutte pour faire évoluer la scène dans telle ou telle direction, une lutte qui devient une affaire humaine autant qu'esthétique. C'est toute la beauté des films de Cassavetes ou de Pialat (et quand chez Pialat ou Kiarostami, un enfant pleure, il pleure vraiment, il n'est pas là à se demander ce qu'il va bien pouvoir dire, il y a une vérité qu'on peut trouver obsène, mais qui est une vérité de l'humain, pas un malaise d'acteur). Là, Joana Preiss est terrassée par VBT, c'est terrible. J'imagine bien que Suwa, ne parlant pas le français, n'a pu déceler cette fausseté des mots à ce moment là. Il a dû se dire que le malaise de l'actrice ça deviendrait le malaise du personnage une fois le film monté. Oui mais encore une fois, ce n'est pas un malaise humain, c'est un malaise d'acteur, ce qui du point de vue de la crédibilité du geste et de la parole ne fonctionne pas. Il y aussi cette épouvantable scène de mariage où tous, jusqu'à Doillon, sont puants et plein de fatuité. Bref, les seconds rôles c'est la cata.


Le couple et au-delà
Pour le reste, les scènes de chambre sont assez belles, le jeu sur les cadres dans le cadre, sur les portes, entre la distance et la proximité (si loin, si proche), c'est très bien fait. Pourquoi ça m'ennuie alors? On dit, autour de moi, que c'est un film magnifique sur le couple. Suis-je trop jeune pour comprendre et apprécier? Manque de maturité? Désamour de l'intime au cinéma? Je ne crois pas, non, parce que j'avais beaucoup aimé M/other. Mais M/other n'est pas qu'une histoire de couple (de la même manière que H Story est à la fois chargé d'"H"istoire et de "story" intime). Nous y voilà. Si on remonte un peu la génalogie du cinéma moderne dans lequel Suwa s'inscrit, on voit bien que "ne raconter qu'une histoire de couple" est assez rare. Pour prendre les plus connus, Hiroshima mon amour n'est pas qu'une histoire de couple, Le Mépris non plus, ni les Chabrol sur ces immuables couples bourgeois. Non, à chaque fois il y a le couple et le monde, la chambre et la rue, dans un mouvement de va-et-vient (va-et-vient exemplaire dans Deux ou trois choses que je sais d'elle où la ville est un personnage et la femme une ville), va-et-vient où une figure d'altérité vient bouleverser le cercle clos du couple. Rien que le titre, M/other était la manifestation limpide de ce jeu entre l'homogène (le couple) et l'hétérogène (le monde), le cercle et l'intru.


Minoritaire(s)
Un couple parfait travaille au contraire sur la figure du cercle (récit en boucle, couple en boucle) et jamais le monde ne viendra perturber ou enrichir le couple. On y croise que du "même" dont ce couple est la forme parfaite, la quintessence ("vous ne pouvez pas vous séparer, pas vous", dit en substance un des personnages, "vous êtes notre modèle"). Je crois que c'est cela qui m'ennuie, même si on peut trouver cet argument non critique et subjectif. Pourtant il y a bien une manière, dans le cinéma de l'intime, de rester collé au quotidien des choses, à soi, qui me plaît aussi. On peut dire ça, dans une certaine mesure, de Rohmer, de certains Pollet, de Eustache de Antonioni ou de Akerman. Mais soit ces cinéastes travaillent sur le minoritaire, la marge (Akerman quand elle fait Je, tu, il, elle; Pollet quand il réalise un des segments de Paris vu par... ou L'Amour c'est gai l'amour c'est triste), soit travaillent à la description d'un mileu (Antonioni, Rohmer) et parviennent à un regard critique tout à la fois politique et métaphysique (Antonioni), un regard moraliste sur une époque donnée (Rohmer). Chez ces cinéastes il y a peu de couple "en soi". Et quand c'est le cas, c'est toujours pour mettre en avant des personnages qui n'ont pas voix au chapitre, sexuellement, socialement, politiquement. On voit bien alors combien la figuration de cet intime là, sans parler explicitement du monde, ne s'en positionne pas moins par rapport à lui.


Cloisonnement
Chez Breillat, peut-être qu'il y a peu de monde (ou plutôt, il y a peu "du monde"), mais c'est une cinéaste qui travaille, elle, sur la confrontation d'altérités. Faire appel à Rocco Siffredi par exemple, quoi qu'on pense des films, c'est jouer de la confrontation des contraires, sur une fracture. Jamais chez elle il n'y a de milieu "endogène". Ce qui m'embête dans Un couple parfait, c'est ce caractère profondément endogène et auto-centré de ce couple "en soi". On y désigne sans ambage d'où on vient et où on est (professions libérales aisées, artistiques), mais on fait semblant de faire comme si c'était sans importance. Un couple générique et abstrait en somme. On en revient toujours à cette terrible découpe du monde et du cinéma : aux bourgeois les histoires de couples (Peindre ou faire l'amour, Les Sentiments), aux pauvres les histoires de galère (on ne les cite plus), aux classes moyennes les histoires de licenciement et de vie d'entreprise (Violence des échanges en milieu tempérés; Ressources Humaines). Ce cloisonnement est, il me semble, tout autant le constat d'une société figée que son symptôme mis en image. Ce qui ne m'empêche pas d'aimer Rosetta ou Ressources Humaines (d'ailleurs Cantet réussit toujours à être un peu à l'écart de ces catégories : c'est souvent pour lui un point de départ mais rarement un point d'arrivée).


Délocaliser
Alors, filmer les sentiments de ceux qui ont le pouvoir symbolique ne relève pas de la même démarche que filmer les sentiments de ceux qui ne l'ont pas. C'est comme l'histoire des caricatures : est-ce la même chose de caricaturer le pouvoir et de caricaturer une minorité? C'est une question qu'il faut se poser. Le retrait exclusif sur l'intime dans Un couple parfait, plastiquement et cinématographiquement aussi réussi soit le film, aboutit à une abstraction qui n'est pas très féconde (car alors le film, le couple, l'environnement, chacun tourne sur et autour de lui-même). La gageure aujourd'hui, ce serait de travailler au déplacement de l'intime vers d'autres lieux, d'autres univers, de délocaliser comme a pu le faire par exemple 40 ans toujours puceau (employé de magasin, histoire de coeur, histoire de cul). Pas forcément besoin de montrer le monde, à partir du moment où l'on prend position par rapport à lui, sans feindre d'ignorer d'où on parle (rapport critique) ni manquer de renouveller les formes de cet intime (rapport à l'utopie).


Commentaires

grb
2006-02-18 10:30:09

à l'échelle mondiale, l'islam n'est pas vraiment une religion minoritaire.

brg
2006-02-18 12:57:59

Certes, mais je ne vois pas très bien qui les caricaturistes danois ou "Charlie" voulaient provoquer vraiment, à part les musulmans danois et français qui sont, eux, une minorité et ont d'autres chats à fouetter que d'être mis en demeure de choisir entre l'Occident éclairé/ricaneur et l'Orient religieux/obscurantiste...

grb
2006-02-18 19:47:52

ce qu'il nous faut c'est l'histoire d'un couple de musulmans avec du sexe explicite filmé en dv.

(qui de houellebecq ou de breillat va s'y coller...)

Scanner
2006-02-20 17:36:26

Pas vu et pas envie d'aller voir le Caroline Champetier's film ; le film du « chef op parfait »… Nein.
Strano, señor JS, pas un mot de Bergman on this ?

Tlön
2006-02-20 19:19:57

Scanner, comment il s'appelait le type qui intervenait avec la Champetier (je me souviens avoir vu le film qu'elle avait fait pour le Grec- une fille dans son bain en plan fixe) dans le Cinéma des cinéaste de CJ Philippe ?

Scanner
2006-02-20 19:43:24

Pierre Donnadieu + elle : on avait son et image (but j'écoutais pas France Q à l'époque).
J'avais vu « Le Sommeil d'Adrien », don't know if c'est icelui que vous dites, en raison d'une amnésie totale qui a frappé tout de ce mauvais court-métrage, sound and image… Despite the présence de Bulle Ogier et Marie Rivière, re-renseignements pris !

(...)
2006-02-20 23:47:34

Scanner > vous savez que je ne suis pas forcément très fan de Bergman, du coup il m'avait échappé...

Slothorp
2006-02-21 00:26:22

On sait bien ce qui s'est passé avec ce film : Suwa qui ne comprenait pas un traître mot de français sur le tournage a regardé Champetier faire son film qui, elle, ne comprenait rien à ce que racontaient les comédiens. Il faut dire qu'elle était entièrement absorbée par les prises à l'épaule et vu qu'elle mesure un mètre cinquante sous le boisseau la plupart des plans sont des prises sous le menton avec perspective sur les trous de nez. Heureusement, on en a encore trouvé dans la presse pour trouver ça magnifique.

Tlön
2006-02-21 10:23:32

Merci (j'ai eu des problèmes techniques)
Pas vu le sommeil d'Adrien..le CM était encore plus confidentiel....elle était rigolote à l'époque, une sorte de passionnara extatique très précieuse ridicule...
Pas vu non plus ce film de Suwa (les extraits vus et la bande son entendus sont terrifiants, ça semble asséner pour ne pas dire pontifier grave.) mais il y a fort à parier que dans 4/5 ans tout le monde trouvera ça chiant...

Tlön
2006-02-21 10:24:37

entendue...

Raqi - http://www.mediacritik.com
2006-02-23 11:52:40

Excellente critique, comme toujours, qui a le mérite de ne pas tomber dans la facilité du "c'est chiant, point".

Sur votre premier point, le jeu d'acteur, je ne suis pas d'accord. Les acteurs jouent faux, c'est vrai. Et c'est pour ça que les personnages sont juste. Ce que filme Suwa, c'est la part irréductible d'acteur qu'il y a en nous, surtout dans ces moments de crise, où on s'engueule sans plus savoir la raison, où les insultes deviennent automatiques (la crise de rire de VBT dans la chambre d'hôtel).

C'est également ainsi que j'ai ressenti la scène dans les toilettes : la copine de VBT sort une phrase passe partout, un cliché qu'elle a sans doute entendu dans Melrose place, et VBT la remet à sa place, dans un beau court-circuitage acteur/personnage. Ca ne vous est jamais arrivé d'avoir l'impression de jouer un rôle en société, de porter un masque ? De sortir des phrases bateau, qui ne vous appartiennent pas et que vous regrettez à la seconde ? Ne me dites pas que vous tout le temps naturel, je ne vous croierai pas.

C'est cette sensation que Suwa cherche à filmer, et ça m'a touché car je ne l'avais jamais vu ressenti ainsi auparavant au cinéma, où les acteurs se doivent d'être "naturels" pour que les personnages soient crédibles.

Sur le 2e point, j'ai rien à dire, vous avez raison. Suwa se complait un peu à filmer son couple en circuit fermé. Ceci dit, je me demande si ce n'est pas aussi ce que fait Antonioni dans la Notte (un de ses films que j'aime le moins). Et il me semble qu'on pourrait faire le même reproche à Forty Shades of blue, que vous avez pourtant aimé. D'ailleurs, je trouve Un couple parfait infiniment supérieur à Forty Shades, qui lui se contentait de refaire, en moins bien, un geste usé.

PS : j'ai vu que vous aviez ajouté mediacritik à vos liens sur le ciné. Est-ce parce qu'on y parle de votre blog ;) ?

(...)
2006-02-23 16:50:48

Raqi33 > oui, je savais qu'aumoins une personne allait me servir cet argument sur le fait que "parce que les acteurs jouent faux les personnages sont justes"...outre le fait que ça me semble une facilité esthétique, de la part d'un cinéaste de faire de la sorte, je ne dirais pas que les acteurs jouent faux (et je ne parle que des acteurs secondaires conçernant cette histoire d'impro, je précise), je dirais qu'ils ne jouent pas faux, ils jouent mal...je me souviens qu'à une époque je me suis engueulé avec un ami parce qu'il trouvait que chez Rohmer les acteurs jouaient faux, ce à quoi je lui répliquais que tout ça était affaire de convention et qu'on pouvait dire facilement la même chose d'un film hollywoodien, sauf que leur convention était simplement mieux acceptée...ici on n'est pas du tout dans la même considération, et, c'est ce qui est dommageable, pas davantage dans le parti pris du non-jeu (cette idée que l'acteur n'a plus à jouer, que son corps, ses actions, sont comportement, suffisent à rendre crédible son corps et son personnage à l'écran)...en fait je trouve qu'on est entre les deux, le cul entre deux chaises, entre un faux "mal joué" et le non jeu, c'est cela que je trouve terriblement mauvais...je crois que ce ne sont pas des acteurs qui jouent faux mais tout simplement de mauvais acteurs, ce qui n'est pas exactement la même chose...

sinon, au sujet de "Forty Shades of Blue"...oui, je suis d'accord avec vous, c'est un film assez académique d'une certaine manière, mais je l'aime bien quand même ce film, en dépit de son académisme parce qu'il a autre chose que ce petit côté académique, autre chose qui tient par exemple à l'étrangeté de son actrice principale, à ce couple improbable formé par elle et Rip Torn (alors que dans le Suwa, on est à deux doigts de la co-sanguinité...j'exagère, j'exagère)...il y a un effet de collage qui m'intrigue, alors que dans le Suwa, c'est un couple d'un conventionnel, mais d'un conventionnel...


(ah, et au sujet de "La Notte", je n'aime pas non plus le film, un des rares d'Antonioni qui me déplaît...)

MariaPia - mariapiamascaro [at] yahoo.com - http://www.mariapia.blogs.com
2006-02-26 01:27:25

tiens, j'avais adoré La Notte, à cause de cette absence justement, de ces riens dans un couple, surtout quand il va mal, de ces moments vides et forts qui ne sont jamais ou si rarement montrés au cinéma. Ce n'est pas mon préféré d'Antonioni, mais j'en garde un souvenir profond, poignant.

raqi33
2006-02-28 17:35:33

JS : que vous répondre ? Je ne trouve pas qu'ils jouent mal personnellement, mais je me suis rendu compte que les discussions sur le jeu des acteurs tournent souvent court. Autant on a des outils pour parler de mise en scène et de scénario, autant pour ce qui est des acteurs, ça m'a toujours semblé très difficile.

Quant à savoir si c'est une facilité esthétique, je ne crois pas. Peut-être est-ce dû à mon manque de culture, mais je ne crois pas avoir souvent vu de scènes de gêne aussi vraies que dans "Un couple parfait". Est-ce que le cinéma doit être "vrai", sous-entendu "naturel", c'est un débat, et je penche généralement dans le camp anti-naturaliste. Mais précisément parce que le naturaliste tel qu'on le conçoit habituellement n'est pas "vrai". Les acteurs cherchent à jouer naturel, ça devient une convention cinématographique et finit par sonner "faux" (cf le texte de Renoir - je sais, c'est opportuniste de ma part de m'y référer ;)). Je suis convaincu qu'avec sa méthode, ce que Suwa a cherché à obtenir, c'est la vérité de la scène par la fausseté du jeu. C'est cohérent avec le reproche que VBT fait à BT : "tu es devenu mondain", ie "tu joues un jeu". Et dans ce petit milieu fermé que vous décrivez très bien (là, encore une fois, je suis d'accord avec vous), tout le monde "joue ce jeu".

Et je ne trouve pas ça si esthétiquement facile que ça ! Ca m'a vraiment touché, à l'instar de votre collègue Tessé (je trouve sa critique très juste). Tout au plus, ce qu'il manque à Un couple parfait, c'est une ouverture sur le monde, un point de vue extérieur à cette mascarade. Au lieu de ça, le film finit par se mordre la queue et s'étouffer, étouffer le spectateur. N'est pas Renoir qui veut, j'en conviens.

(...)
2006-02-28 17:48:09

difficile en effet de débattre sur le "jeu"...rien à ajouter! ;-)

Transhumain - transhumain [at] hotmail.fr - http://findepartie.hautetfort.com
2006-03-04 15:10:48

Cher J-S, sauf votre respect, votre argumentation n'a pas la moindre valeur critique...
Comme l'immense majorité des journalistes, et même des critiques professionnels, vous appréhendez le film avec un d'énormes valises. Vous jugez telle scène gênante parce que vous savez qu'elle était improvisée, comme vous pourriez soudainement décréter que Saraband n'est pas du cinéma, comme Un couple parfait du reste, parce qu'il fut tourné en vidéo...
Je prends grand soin, depuis quelques années, à ne rien lire, absolument rien, sur les films que j'ai l'intention d'aller voir en salles, pour me préserver de cette altération de la réception de l'oeuvre. Je ne savais donc rien, vous l'aurez compris, de l'improvisation d'Un couple parfait. Et les dialogues et silences du film m'ont paru prodigieusement réalistes. Valéria Bruni-Tedeschi et les autres comédiens ne jouaient pas, ils vivaient sur l'écran. Les conditions de tournage peuvent nous aider à comprendre comment le réalisateur est parvenu à exprimer telle gêne ou telle émotion, comme ici, mais elles ne sauraient constituer un argument esthétique propre à encenser ou condamner un film... Ce n'était pas l'improvisation qui faisait le prix de Husbands, mais ce que Cassavetes a su en tirer.
Vous réitérez cette erreur plusieurs fois dans votre billet. Par exemple, vous regrettez que les personnages secondaires, lors du mariage, soient aussi "puants"... Argument irrecevable, bien sûr : Apocalypse Now est-il méprisable parce que les soldats américains ne sont pas tous sympathiques ?
En fait, à relire votre billet, je constate qu'il ne repose que sur des impressions purement subjectives, et les rares éléments concrets évoqués sont balayés négligemment. Mais, même dans votre subjectivité, vous manquez de rigueur. Puisque vous ébauchez une généalogie des films sur le coupl, vous auriez pu citer, par exemple, les Scènes de la vie conjugale de Bergman, ou 5x2 de François Ozon, dans lequel jouait déjà Valéria B.T.
Non, vraiment, je m'attendais à un texte critique, je ne trouve qu'un tissu de lieux communs.

(...)
2006-03-04 21:56:15

pfff....

Qu'est-ce qui vous permet de dire que j'étais au courant de l'improvisation, a priori? Rien. Les valises que vous supposez n'existent pas : contrairement à la connaissance que vous croyez avoir des journalistes (vieux cliché éculé que ces "valises"), moi je ne savais rien de l'improvisation dans le film, figurez vous que je suis comme vous, je ne lis pas les critiques, je n'ai même pas encore lu celle des Cahiers, c'est dire...

Vous fondez votre point de vue sur un préjugé qui ne vous honore pas beaucoup et qui vous donne par ailleurs un ton pédant assez désagréable, à savoir que vous allez voir les films avec une certaine pureté, illusoire bien sûr, parce que des valises vous avez d'autres; et puis que vous ne vous soyez pas rendu compte qu'il y avait improvisation en dit long sur votre sensibilité cinématographique...

L'improvisation, il se trouve que c'est lors de la scène du restaurant qu'on s'en rend compte, ce n'est pas sorcier à deviner, pas besoin de valises, et il se trouve que ce qu'en fait Suwa ne m'intéresse pas beaucoup (à la différence, par exemple, de ce que peut en faire Cassavetes ou Rivette : ce n'est pas l'improvisation en soi qui me déplaît, c'est plutôt cette idée que les acteurs sont vrais parce qu'il improvisent...)

Quant à votre comparaison avec "Apocalypse Now" elle est évidemment bien bête (un peu "neu-neu" comme dirait l'homme invisible) puisque les personnages du film de Coppola sont pris dans une situation et un environnement paroxystiques qui révèlent parfois le pire de leur humanité (c'est un des sujets du film)...rien de tel chez Suwa, juste un petit milieu qui se regarde le nombril...

Quant à ma subjectivité, je la revendique, vos arguments de petit juge ne m'inpressionnent pas...

ps : pas la peine de me répondre, je ne tiens pas à discuter plus avant avec vous (à moins que vous ne souhaitiez avoir le dernier mot, je vous le laisse...)

Transhumain - transhumain [at] hotmail.fr - http://findepartie.hautetfort.com
2006-03-05 13:48:15

Pardonnez-moi de répondre malgrè tout... Je vois que vous êtes vexé... Je ne vous suivrai pas sur le terrain grotesque des petites attaques : vous n'êtes pas très doué pour l'invective et auriez plutôt tendance à m'amuser. Je m'en tiendrai donc à la question de l'improvisation, qui seule m'intéresse ici. Vous êtes sans doute très, très intelligent, plus que moi puisque vous avez acquis la certitude que le film était improvisé, à sa première vision. Oui, certitude puisque ne pas l'avoir compris, selon vous, relève de l'incompétence... L'ennui, voyez-vous, c'est que cette intuition que vous avez eue, confirmée par ce que vous avez lu ensuite, l'emporte, dans votre billet, sur la stricte observation du film. Qu'elle soit favorable ou non, j'attends d'une critique qu'elle soit sérieuse, et rigoureuse. Ainsi, dans votre acerbe intervention, vous me dites que ce qui vous déplaît chez Suwa, "c'est plutôt cette idée que les acteurs sont vrais parce qu'il improvisent". Or, que vous le vouliez ou non, cette idée est sortie de votre cerveau et n'est jamais exprimée dans le film... Qui vous dit que le réalisateur a "voulu faire vrai" ? Qui vous dit, d'ailleurs, que le film est vraiment improvisé ? En fait, tout ça c'est du vent. Pour reprendre ma comparaison (tellement débile que vous auriez pu comprendre, au moins, qu'elle n'était destinée qu'à vous renvoyer l'inanité de vos arguments), si Coppola montre un ventilateur au début du film, il n'a pourtant jamais émis l'idée que les ventilateurs étaient la racine du mal...
Je vais vous laisser tranquille, n'ayez crainte. Ce que je vous reproche - mais apparemment, vous n'attendez des commentaires que notre béate admiration, ce que je ne saurais vous donner -, c'est seulement d'avoir inutilement déguisé votre billet d'humeur en article critique, ce qu'il n'est assurément pas.
Ma piètre sensibilité cinématographique et moi, vous saluons tout de même.

(...)
2006-03-05 14:10:18

je ne tiens pas ma promesse...

je ne suis pas vexé, je suis agacé : je n'aime pas les gens qui emploient un ton péremptoire comme le votre et émettent des jugements définitifs...vous avouerez que ça n'incite pas à la discussion...

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