23.2.2006

juste un lien

[ cinéma ]
Texte intéressant et polémique de Séguret sur la cinéphilie, ici


Commentaires

raqi33
2006-02-23 14:58:14

Enfin... ça devenait urgent.
Même si, de la part de Séguret, ça me fait doucement rire. Séguret qui critique la vacuité d'un concept, c'est quand même drôle non ?

Roger - http://roger.kaywa.ch
2006-02-23 15:08:47

C'est triste quand-même. Les Cahiers une fois le fer de lance d'une nouvelle génération qui mettait le cinéma à hauteur des autres arts (et une source majeure pour moi), n'a pas compris que le monde a changé depuis.

D'ailleurs bon nombre de médias traditionnels n'ont pas encore compris ça.

La question que je me demande maintenant: pour combien de temps, les Cahiers existeront -ils encore?

Slothorp
2006-02-23 15:35:10

Moins sur la cinéphilie que sur les Cahiers, et finalement, entre les lignes, peut-être moins sur les Cahiers sur sur Frodon.

Tlön
2006-02-23 15:45:04

A chaud
1) Ne lisant plus les cahiers, je ne sais pas ce que c'est "le cinéma subtil".Peut-être eut-il fallu mous en donner une définition...a moins que l'article n'ait pour intention de nous faire acheter le n°609 de ladite revue !
2) Plus sérieusement, c'est bien beau tout ça mais il nous propose quoi le gars Séguret, le cahier cinéma de Libé et son box office en dernière page !?
3)" irrefourgables sur le marché". Ca veut dire quoi? Qui échapperait au jeu de l'offre et de la demande sur le marchée des idées, à la plus value par le fun. Amusant comme une modernité retrouve les mots de l'économisme (Crédit, bourse, démonétisé...) Ca me rendrait presque ces deux revues sympathiques...
4) pour plus tard....

Tlön
2006-02-23 15:48:34

Mon commentaire s'est croisé avec celui de Slothorp. Il y a la effectivement un petit coté réglement de compte...

Tlön
2006-02-23 15:54:40

Un dernier pour la route :
"Est-il possible de glisser ce premier conseil a Libération : cesser une fois seulement de s'identifier à l'institution qu'ils sont malheureusement devenus un jour et à la hauteur de laquelle ils ne sont plus depuis déjà si longtemps. Repartir de là : à zéro, plutôt que de faire jouer la marionnette à un cadavre. Ses anciens habits ne sont pas simplement trop grands, ils sont vraiment trop ruinés"

(...)
2006-02-23 16:17:08

concernant le "cinéma subtil" difficile d'en donner une définition en quelques mots, ni même quelques phrases (j'en serais bien incapable, même si je faisais de très gros efforts)...je t'invite à feuilleter les Cahiers à la Fnac (tu ne seras pas obligé de les acheter comme ça...:-)...

sinon, au sujet de Séguret, s'il y a bien quelqu'un qui a cherché à décloisonner la cinéphilie, c'est quand même lui, il suffit de lire ses chroniques sur le jeu vidéo pour se rendre compte combien il y a un renouvellement à l'oeuvre chez lui...je ne sais pas si c'est un grand penseur, mais en tout cas sa posture critique m'intéresse...

quant à la récupération de la phrase que tu as fait Tlön, c'est de bonne guerre mais ça ne fait pas avancer grand chose...c'est comme voir un simple règlement de compte derrière ce texte : outil réthorique bien connu pour décribiliser l'adversaire, outil qui en outre confond allègrement les intentions (qui peuvent ne pas être louables, peut-être, peut-être pas), et la pensée ou l'impulsion de pensée qu'un texte dégage...(alors on en reste à un "c'est celui qui dit qui est" qui confine le débat à la cour de récréation quand même...non?)

JM. Billard
2006-02-23 16:18:37

C'est celui qui dit qui y est, c'est ce que tu veux dire, Tlön ? Un peu de sérieux, quand même! Le texte de Séguret dépasse largement les problèmes de personnes,, c'est même ce qui le rend souverain.Son diagnostique est parfait ("cinéphilie explosée" vs "certitudes rustiques") Par ailleurs, concernant le manque de propositions que tu évoques, il me semble que Séguret en fait, des propositions, chaque semaine, notamment en écrivant sur les jeux vidéo. Il n'a pas besoin de se décréter subtil pour l'être.

(...)
2006-02-23 16:20:21

les commentaire de JM Billard et de (...) se sont croisés...

fairy queen
2006-02-23 16:22:36

même si un parfum délètère flotte, pour avoir pratiqué en tant que distributrice cinéma art (très) essai les ères successives Cahiers depuis 7 ans, je confirme une malheureuse tendance à la complaisance autocentrée qui contamine l'ensemble du projet éditorial
Anecdote : il suffit d'avoir m Frodon faire une intervention sur Jia Zhang Ké auprès d'un public adolescent dans une bibliothèque pour mesurer charnellement l'abstraction abyssale qui amalgame cinéphilie et procédures de transmission...
La proposition subtile est "agréable" à considérer, elle masque difficilement l'effort visible de la rédaction de rassembler de catégoriser à tout crin, de fabriquer du contenu à titre de conjuration..Inventaire en phase terminale entre soi...?
Et auquel cas néanmoins quoi d'autre?
Les Cahiers font toutefois partie des défenseurs d'expériences comme celle du cinéaste Nicolas Klotz, dans sa rencontre avec le public, au milieu de la préparation de son nouveau film " la question humaine"
Démarche apparemment non arpentée par les pourfendeurs de Libé....

Tlön
2006-02-23 17:17:36

1)Sur le réglement de compte, il ne s'agit pas de décribiliser qui que soit juste de souligner que, pour le lecteur un tant soit peu averti, cela transparait.
2) Sur la phrase la tentation était trop forte...Libé comme donneur de leçon, je crois qu'ils sont assez fort..
3)Plus fondamentalement ce que je reprocherais (le mot est peu fort parceque en vérité je m'en fous un peu..) c'est finalement de ne rien proposer (mais s'il faut avoir lu les oeuvres complètes de Seguret...)...Si tu veux quand Truffaut écrit Une certaine tendance du cinéma français', il ne se contente pas seulement de dire que Delannoy est un con...
Ca me fait penser à ces critiques qui n'aiment pas les films ou les livres pour ce qu'ils ne sont pas, défaut assez courant en France : J'ai un jour entendu dire par une jeune personne que L'Etranger était un mauvais roman, parcequ'il n'y avait pas d'arabe...L'étranger est peut-être un mauvais roman (cela reste à prouver!) mais surement pas pour cette raison.
Bref pour revenir à notre sujet :
- Positif d'apres ce j'en aperçois n'a aucun désir de coller à je ne sais quelle forme de modernité. Ils font un job plutôt historique et je ne vois pas en quoi cela serait deshonorant.
- Les Cahiers. Les rapports à cette revue sont plutôt de l'ordre du fétichisme, attraction/répulsion, amour décue etc bref des rapports compliqués...En fait, je crois, que l'on fait porter à cette revue, la déception que l'on éprouve vis à vis du cinéma. En effet si ce "que l'on a appelé autrefois le «cinéma» et les «films» sont devenus des sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne" alors pourquoi continuer à en parler..allons alors plutôt voir du coté des jeux video, de la télé réalité...mais alors ce n'est pas la peine de s'attaquer à cette revue puisque de facto elle n'est plus rien! laissons la crever ! et proposons autre chose (revue,article blog...) mais rien n'y fait..
4)Une partie de ma critique portait également sur le "présentisme" que je perçois dans l'article de Séguret, cette volonté d'étre présent sur "le marché", de ne pas rater la dernière marche, de combattre le "ringardisme". Il y a dans la démarche critique actuelle une peur bleue de manquer le truc qu'il ne fallait pas manquer..j'ai envie de dire on s'en fout, le temps est la pour réparer vos manques...
5) Ce qui m'embête avec Les Cahiers, ce n'est pas qu'ils ne parlent pas de jeu vidéo (d'autres peuvent le faire à leur place) c'est qu'ils parlent mal de ce dont ils veulent parler.
6)Je ne dirais rien sur La Blessure...surement l'un des plus mauvais films de ces 10 dernières années!!!

Tlön
2006-02-23 17:18:24

Mille excuses pour les fautes...

raqi
2006-02-23 17:26:46

slothorp : ... et peut-être moins sur Frodon que sur Burdeau (le concept est de lui, tout de même).

Je pense qu'il y a une part de réglement de compte là dedans. Ce qui n'empêche pas la critique d'être juste et pertinente. J'ai toujours trouvé ça bidon le "cinéma subtil". Surtout la façon dont Burdeau, numéro par numéro depuis septembre, tente d'imposer ce concept comme LE nouveau prisme au travers duquel il fallait regarder le cinéma mondial.

Toutefois, certaines intuitions de Burdeau me semblent bonnes (surtout lorsqu'il explique comment les réalisateurs cherchent actuellement à dépasser le maniérisme des années 90).

Slothorp
2006-02-23 17:28:43

S'il faut considérer le texte autrement que sur le mode du réglement de comptes, alors je le trouve catastophique. Car finalement que dit-il d'autre si ce n'est que l'état critique doit prendre la mesure d'une dissolution du cinema, de la disparition même des films dans ces "sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne"? En poursuivant comme un chien fidèle la laisse des images contemporaines, dans cette absolue connivence avec les flux capitalistes de notre époque, Seguret semble vouloir renvoyer la position critique à celle d'un passeur de plats habillant d'une louche conceptuelle des produits formatés pour la jouissance de leur consommateur. Peut-on encore rappeler que ce qui se trouve entre Les bronzés 3 et Spinter Cell appartient finalement à un tout autre registre, et qu'il s'agit encore et toujours de film et de cinema? Et que les propositions en sont suffisamment riches pour ne pas craindre d'être dépassé par je ne sais quelle modernité fumeuse ? Pas tellement envie de relire non plus les doubles pages joussiennes sur John B. Root qui ont, à mon sens, déjà pas mal cramé la revue.

(...)
2006-02-23 17:47:13

votre point de vue est un peu puritain Slothorp ("produits formatés pour la jouissance du consommateur"...que c'est laid et caricatural quand même), c'est méconnaître Séguret que de l'assimiler à un simple "passeur de plat"; il est au contraire dans dans la tradition d'un autre passeur il me semble, mais bon...peut-être êtes vous, à l'instar de Tlön, une sorte d'anti-moderne pour qui le "monde des images" est forcément celui de la bêtise et du capitalisme...il n'y a pas de course à la modernité chez Séguret mais au contraire (quoi qu'on pense de lui on peut lui reconnaître ça), un véritable amour des objets "indignes", indignes pour les "certitudes rustiques"...

raqi
2006-02-23 17:48:43

Tlon : vous êtes mille fois excusé pour les fautes.

3.1) dans une certaine tendance, il propose, mais dans la plupart de ses articles, il ne fait qu'attaquer, avec une violence qui ferait frémir aujourd'hui

3.2) j'ai l'impression que vous enterrez les cahiers un peu vite. Certes ils ne sont plus autant stimulants qu'auparavant (ce n'est pas JS qui me contredira), ils sont même limite ringards parfois (50 pages sur Picolli, mon dieu...), mais je continue à y trouver des débats et des plumes intéressantes. En revue papier, je ne vois pas mieux (j'ai un peu d'espoir avec Panic, on verra sur la distance). Sur internet, ya de bons trucs, mais c'est pas encore suffisant à mon gout.

4) là, je vous suis entierement. On sent l'envie, aux cahiers, d'être à tout prix à l'avant garde, et à Libé de leur couper l'herbe sous le pied. En même temps je trouve que c'est de bonne guerre.

Tlön
2006-02-23 17:50:38

Mr Slothorp, vous dites avec plus de talent ce que je voulais moi-même exprimer.

Tlön
2006-02-23 18:00:09

JS pas ça.....C'est l'auteur de l'article qui parle de valeur démonétisée, de bourse...
Mais que vient faire le puritanisme dans cette affaire !!!!

JM Billard
2006-02-23 18:04:35

Tlön et Slothorp, ce que vous rejetez au fond, c'est l'idée du contemporain, que vous appelez "présentisme"ou "modernité fumeuse". Est-ce bien cela ? Si c'est la cas, je trouve que cette position (en termes critiques) manque de courage. Séguret est un des seuls à se coltiner des trucs pas si simples, ou il y a effectivemment le risque de se tromper, de raconter n'importe quoi, de s'aveugler pourquoi pas. Mais c'est infiniment plus fructueux que de rechercher où est "encore" le cinéma, comme s'il n'était rien d'autre désormais qu'une valeur ajoutée, l'assurance d'une plus value culturelle confortable sous couvert de résistance.

Slothorp
2006-02-23 18:11:02

Si j'étais si puritain, je ne dépenserai pas une minute de mon temps dans le cinema qui reste une forme artistique particulièrement impure (comprendre :sale et impie). Mais bon, il fallait bien m'habiller pour ce soir. Et je me fiche bien de savoir qui est Seguret puisque c'est son texte qui nous interesse ici, texte qui dit exactement cela : le cinema est mort et la critique ne vaut rien si elle ne tient pas compte des nouvelles formes d'images qui sont des variables d'ajustements dans la production médiatique. Je sais, c'est encore très laid, mais que voulez-vous, j'essaie de respecter les lignes de Seguret. Enfin, je ne vois pas en quoi l'amour des objets indignes est une preuve d'indépendance dans cette course à la modernité qui est aussi une course à l'élévation des formes basses de culture (pardon encore, j'ai l'air de juger, mais je ne savais pas comment l'exprimer autrement).
Mais peut-être suis-je trop rustique et anti-moderne pour ne pas voir la profondeur et la richesse d'un jeu video et d'une bouse à 10 millions d'entrées. Je continue à penser que cela n'est pas du cinema. Et je retourne dans ma grotte de sauvage, sinon le feu va s'éteindre.

(...)
2006-02-23 18:16:38

Ne prenez pas la mouche Slothorp, je vous provoquait un peu...(et puis pourquoi parler de "Spinter Cell" quand "Shadow of the Colossus" est si beau...? Et surtout pourquoi le mettre sur le même plan que la bouse à 10 millions d'entrées? Y avez vous joué pour en parler ainsi? Ou êtes vous par avance convaincu...?)...

Par ailleurs, le cinéma comme forme sale et impie, je ne suis pas si sûr que vous, c'est devenu une légende...(et puis il n'y a rien de plus convenable qu'une salle de cinéma aujourd'hui...)

Slothorp
2006-02-23 18:27:33

"sale et impie" : j'ironisais (bien que je trouve généralement cela detestable).
Bon, je me suis calmé.
C'est à Splinter Cell que j'ai joué. Je ne les mets pas sur le même plan, je dis juste que les deux ne sont pas du cinema.

Tlön
2006-02-23 19:53:47

Mr Billard,
Ce n'est pas moi qui personnalise le débat autour de O Seguret (mais vous semblez en faire le phare ultime de la pensée contemporaine...), je me suis simplement attaché à son texte pour constater qu'il y developpait une thématique économique en terme de marché c'est à dire d'offre et de demande. Adapter l'offre à la demande semblant être le dernière forme du courage. Mais il semble que cela n'étonne plus personne.
Sur le reste je marque une nouvelle fois mon accord avec Mr Slohorp. Et ne voulant pas le paraphraser je retourne dans mon kolkoze

Scanner
2006-02-24 13:46:54

J'débarque tard, et quoi aborder, since, comme Tlön :
- I don't play sation…
- J'lis plus les Cahiers…
- Quoi qu'est-ce, le cinéma « subtil », please ?

Bon, en réaction brouillonne, bille en tête :

Mercredi, tombant sur la chronique de Séguret, trois successives impressions :
One : fine, un coup de pied dans la foutue fourmilière (autosatisfaction et autarcie) !
Two : que s'est-il passé pour mettre OS en telle colère, seems to me qu'il n'est point coutumier du fait (fracas et polémique) ?
Three : bof, tout ça pour ça, encore haro sur les has-been (la cinéphilie) pour bagarrer entre vrais et faux modernes (produire utile vs subtil) ; et mettre le cinéma et les films entre guillemets for good, ne sachant plus trop qu'en faire, à ne prendre alors qu'avec ces pincettes («»)…

Reste la volonté polémique, comme relance, motif à ferrailler, à (res)susciter passes d'armes, debout les morts, why not, on en lit ci-dessus l'amorce pas vaine et dérivée already.
I'm out, like mister T, pas contre mais out, parce que pas « anti-moderne », señor JS, mais juste sans the least intérêt à m'positionner sur ce style limité de vocable pauvret, à m'positionner tout court. C'est quoi, moderne ? Même sens que les 50s ? Et qu'est-ce qui a vieilli, frankly ? Antonioni ou Ford ? (Or let's rather say : qu'est-ce qui est daté today ?) Provoc pour provoc… Lang ou Greenaway ?

C'est quoi, le problème ?

J'ai trouvé ça (assez ironiquement only en anglais, ou italien, ou espagnol, ou japonais… make your choice !) :

http://www.cahiersducinema.com/article659.html

À critique subtile, cinéma subtilisé ? I'd say critique « de synthèse », mais comme le sucre… Ça fond vite, ciné succédané, propice au glouglou (bruit de noyade et cri du dindon) du n'importe quoi érigé en concept dernière pluie.

Ou alors faudrait once and for all discutailler point par point on this : la cinéphilie, l'actualité, la modernité, tous les post-something (moderne, mortem, coïtum, ad libitum), le classicisme, les petits vieux, les petits jeunes, les évolutions techniques, les constantes artistiques, la critique, les revues, the world et compagnie, la politique (de quoi ?), and so on…

Titre du film chroniqué par Skorecki ce jour :
« La Flèche et Le Flambeau »… décocher l'une, reprendre l'autre, tout un programme que Séguret omet, hélas, à moitié.

PS : « rustique », chaque fois, m'fait penser à l'anecdote de Renoir on this, voyez ?

(+ : « JM Billard » ??? tel père tel fils… subtil, de substitution, ou de synthèse ?)


Scanner
2006-02-24 13:53:14

Omission d'une lettre, deuxième ligne :
« I don't play station… »

(...)
2006-02-24 15:46:43

quelle intervention Scanner!

neither Antonioni, nore Ford by the way! (et puis il ne s'agit pas des films en eux-mêmes mais de posture critique...exemple : d'une certaine façon, "Silent Hill", le jeu vidéo, c'est Ford + Antonioni...voyez le truc?)

et puis cette phrase, "sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne", au sujet des films, si on l'interprétait d'un point de vue esthétique plutôt que de ferrailler sur la soi disante soumission au capitalisme, comme sur la soi disante résistance à ce même capitalisme...? (parce que bon, cette bataille de mots est un peu mesquine je trouve, accuser Séguret sous le prétexte d'un vocabulaire emprunté au commerce - usage il me semble assez ironique de sa part, au moins pour le mot "marché" - c'est encore une fois nier des enjeux qui sont davantage que des enjeux critiques : tout simplement des enjeux de société...)

(et sinon, anecdote de Renoir, excusez mon inculture, what is it?)

Tlön
2006-02-24 16:23:58

Polémiquons!
L'auteur de l'article est journaliste, son métier est de travailler avec les mots, il est critique de cinéma, son métier est de réflechir aux implications que peut avoir le point de vue du cinéaste, la position de sa camera, la durée de tel ou tel plan etc...et tu trouves que cette bataille des mots est un peu mesquine !!!! amis il est vrai qu'il a le droit de "raconter n'importe quoi, de s'aveugler"...
Il faudrait alors interprêter son texte d'un point de vue esthétique...le cinema devrait être ceci où cela subtil, pas subtil..débat auquel on peut ne pas s'interesser..mais que nenni il s'agit d'enjeux de société...tout ça me parait quelque peu contradictoire...

Tlön - ruinescirculaires [at] gmail.com
2006-02-24 16:25:13

J'ai tapé amis au lieu de mais !!!!

Lilith
2006-02-24 16:29:22

Le texte introductif des Cahiers sur le "cinéma subtil" (signé JMF ou EB je ne sais plus) relie cette idée à la "crise du plan"; jusque là rien de neuf : l'opposition "plan vs flux" (notamment en relation avec le format numérique) on en parle depuis un certain nombre d'années; ce lien n'est ni argumenté ni expliqué (et pour cause suis-je tentée d'ajouter ...); quand au reste cela me paraît assez fumeux; (donc assez d'accord avec Seguret même si, sur la forme, je ne me serais pas exprimée de la façon dont il le fait (trop d'ironie ou de second degré semble nuire à la bonne compréhension)).

A noter aussi que les Cahiers lancent, dans ce même n°, une série d'articles intitulée "Matières du peuple", le peuple qui avait donné lieu à quelques échanges sur ce même blog, l'année dernière ...

Tlön
2006-02-24 16:53:31

Burdeau, Frodon, Séguret dans un sac avec la recette des Pim's orange, le tout dans un coffre enterré dans les vestiges d'un cimetière navajo sur lequel on aura construit une grande tour ou les ascenceurs -il ne faut jamais construire une tour sur les vestiges d'un cimetière navajo - tomberont sytematiquement en panne en faisant tout plein de bruit...

Lilith
2006-02-24 17:24:57

eh ben ... Tlön, à la vitesse où vous dégainez et si on était dans un western, je serai déjà morte; mais je ne saurais pas si vous me visiez ou si ce serait d'une balle perdue !

(...)
2006-02-24 19:54:03

ce que je voulais dire c'est : est-ce que le cinéma est en quelque sorte auto-suffisant au point qu'il peut se réinventer tout seul (façon de parler) où est-ce que effectivement, il est esthétiquement à la croisée de tellement de chemins aujourd'hui (ce qui n'était pas le cas il y une cinquantaine d'années) qu'il paraît dérisoire de faire "comme si", comme s'il était seul et souverain...que d'énervement Tlön!!

quant au plan vs flux, vieille lanterne en effet...

Scanner
2006-02-24 21:12:56

Le temps de remettre la main sur le rustique… tomorrow.
'Night

Vers
2006-02-24 21:29:51

en vrac, c'est dingue comme cette revue provoque encore et toujours les ires et regrets de ceux qui n'en sont pas, n'en seront pas, n'ayant pu en être et n'en sont plus.
Le papier de Séguret n'est finalement pas à la hauteur, quel est l'articulation de ce papier ? contre le concept mou ? Daney n'est plus à Libé, ni aux Cahiers. c'est comme ça. Je propose à O.S. de nous pondre un superbe papier de quoi remettre tout le monde dans le droit chemin ? Le Cahier du mercredi dans notre Libé, on ne peut pas dire que c'est d'une fulgurance extrême, c'est parfois d'une platitude à énerver plus d'un Séguret.
Je ne pense pas qu'il s'agit d'une guerilla Libé contre le Monde,alors c'est vraiment absurde, je pense plutôt, aussi, à un peu d'opportunisme et surtout du j'emmerdisme dans un journal en crise.
je trouve que le papier d'O.S. fleure bon la racune ou la rancoeur, non pas contre Burdeau finalement, mais contre un ancien qui n'existe plus mais qui aurait pu lui donner une meilleure (?) raison d'exister. dans le canard (après les Cahiers) de Daney. En fait, il peste pas contre les Cahiers, il peste sur l'état du cinéma, la situation critique du cinéma et de la presse, les Cahiers étant la référence historique, il attaque la moindre idée qui ne serait pas à la hauteur du temple. c'est aussi, sans le dire, que la Lettre du cinéma n'existe pas, Positif classé aussi bandant qu'une statue du musée grévin (même récente), Cinéma, et le dernier Panic (bof), comme autant de gesticulations paroissiennes.
Même si l'idée défendue par E.Burdeau (c'est lui l'(h)Auteur, je le dis au passage car ici tout le monde en parle mais visiblement personne l'a lu, shéma classique, comme les Cahiers je dirais) est un peu dans la mécanique de l'obligation d'en être. d'être à la hauteur, d'assumer sa jeunesse et le poids de l'histoire. c'est l'un des problèmes qui rend les gens des Cahiers fuyants, parfois arrogants, comme si la bande des jours de gloire faisaient des comités de rédaction pour évaluer la bonne tenue et le respect de la ligne du parti. Il est vrai que ce jeune garçon a besoin de prendre de la hauteur pour se regarder écrire, mais bon, dans l'ensemble je trouve qu'ils "reviennent" et proposent, envisagent etc.
il y a aussi cette idée patrimoniale, les Cahiers n'appartiennent et n'appartiendront jamais à leurs patrons, mais toujours à la communauté des auteurs et de ses lecteurs. d'où cette habituelle amertume ou angoisse, selon sa position.
je suis un client régulier du blog de J.S. mais le fait de vous savoir "ancien des Cahiers de xxx à xxx" avec tout le poids que cela peut représenter je me dis qu'allumer la mèche c'est bien, mais cela doit être aussi compliqué de partir une fois la brindille allumée pour l'observer du haut du talus. quoiqu'il en soit, j'avoue être plus fidele à image qu'aux Cahiers, c''est pour dire qu'ici est tjrs en mouvement, les Cahiers aussi. je suis un curieux qui ne satisfait pas de la ligne.

bien tralalament votre

Louis

Vers
2006-02-24 21:51:50

je reviens. Où en êtes vous de votre projet de film ?

VersLouis

YouK
2006-02-24 22:16:36

ça doit être passionnant ce débat, ni le forum de Libération, ni le forum des Cahiers ne parle du problème. ce n'est pas un truc de marketing pour qu'on en parle votre affaire ?

Lilith
2006-02-25 01:51:09

C'est marrant comme les gens ne savent pas lire !

Slothorp fait dire à Seguret ceci (voir plus haut) : "le cinema est mort et la critique ne vaut rien si elle ne tient pas compte des nouvelles formes d'images qui sont des variables d'ajustements dans la production médiatique".

Alors que Seguret écrit très exactement ceci : "ce que l'on a appelé autrefois le «cinéma» et les «films» sont devenus des sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne".

Dans le 1er cas ce sont les nouvelles formes d'images qui sont des variables d'ajustement alors que dans le 2eme cas ce sont les films et le cinema d'autrefois qui sont devenus des variables d'ajustement de l'industrie des images.

C'est quand même très différent.

Rappelons que l'on utilise l'expression de "variable d'ajustement" pour désigner ce qui est sacrifié sur l'autel des mutations/évolutions industrielles (traditionnellement l'emploi, les salaires...).

Donc ce que Slothorp fait dire à Seguret n'a pas grand sens (et en tout cas ce n'est pas ce qu'il dit).

Alors que le fait que les films sont devenus des variables d'ajustement de l'industrie des images, cela se vérifie aisement : par ex par simple lecture du site de TF1 pour qui les films doivent être des vecteurs publicitaires comme les autres (ie faire un film pour et avec une marque).

Slothorp
2006-02-25 12:45:23

Tiens, on me fait dire ce que je n'ai pas dit que Seguret avait dit, à moins que... Non, je m'y perds. Encore une fois, il me semble que Seguret prend acte d'une dissolution du cinema dans le champs plus vaste et finalement invertébré (si ce n'est par sa colonne économique) de la production visuelle. Ce que je crois arriver à lire dans son texte (mais j'ai appris avec la methode syllabique et ce n'était peut-être pas la bonne), c'est en filigrane le souhait d'une critique qui viendrait enregistrer cette disparition. Et comme je suis un facheux, ben je ne suis pas d'accord.

Scanner
2006-02-25 12:57:10

Donc, reprécision : le lien, en anglais, fourgué ci-dessus, IS le texte de Burdeau about le « ciné subtil ». Donc lu.

Donc, le rustique. Attention : c'est long et pur Renoir !

C'EST LE RUSTIQUE

« (…) Une certaine école, disons Hollywood au début, trouve une certaine réalité, étonne, vers les années 1918-1920, jusque vers 1925, donne une représentation de l'Amérique, qui, même dans les mauvais films, est une représentation très exacte. Les gens, qui, à cette époque, voyaient des films américains, se faisaient de l'Amérique une idée qui n'est pas tellement fausse. Pour donner cette idée, les acteurs ont copié les gestes des gens qui les entouraient dans la vie et les ont reproduits avec une certaine innocence. Je donne un exemple : le théâtre de boulevard, avant le cinématographe américain, avait certaines attitudes qui étaient des attitudes soi-disant naturelles, découvertes par Antoine qui les avaient imposées en réaction contre le théâtre romantique. Mais, en réalité, ces attitudes étaient devenues aussi figées que les attitudes romantiques qu'elles avaient remplacées. Quand j'ai tourné « Madame Bovary », j'ai eu la chance de tomber sur un metteur en scène d'opéra assez âgé et sur une troupe de chanteurs qui connaissaient bien la façon de chanter avant la révolution d'Antoine, avant le vérisme, avant le réalisme. Et j'ai un petit morceau de « Lucie de Lammermoor » dans « Madame Bovary » qui est chanté comme on le chantait à l'époque. Les acteurs sont face au public, évitent de se regarder, la déclaration de l'amoureux à la jeune femme est faite, non pas à l'amoureuse, mais au public : lorsqu'il se met à genoux de trois quarts, les gens trouvaient ça tordant : ils disaient : "Mon Dieu, comme à l'époque on jouait mal, comme c'était peu naturel !" Antoine a remplacé cette façon de jouer par des gens qui se parlaient directement les uns aux autres. Dans le costume aussi, dans le décor, il a introduit une sorte de copie de la réalité.
Mais cette copie, en vingt ans, est devenue à son tour une convention. Lorsque j'ai commencé dans le cinéma, on était en plein dans cette convention, et je me rappellerai toujours cette conversation avec des menuisiers et des peintres de décor dans le premier film auquel j'ai participé. J'expliquai que, pour le décor, il nous fallait une salle commune dans une ferme, dans le Midi, et que, par conséquent, étant donné que dans le Midi on trouve beaucoup de murs en galets, recouverts d'une sorte de mortier irrégulier, il eût été bon de donner un côté irrégulier aux murs et de les peindre à la chaux. Ces gens m'écoutaient avec une certaine impatience en trouvant mes explications inutiles, parce que ce genre de décor était connu et classé. Ils me disaient tout le temps : "Mais, monsieur Renoir, nous savons ce que c'est, c'est le "rustique". — Le rustique ? — Le rustique a le mur irrégulier et la poutre apparente. — Mais justement, je ne voudrais pas de poutre apparente. — Ah, pardon ! dans le rustique, la poutre est apparente."
La même chose est arrivée avec le maquillage et avec le jeu ; et ce jeu américain tellement naturel, peu à peu, est devenu faux. Il s'est trouvé catalogué et classé. Le monsieur qui s'assied sur le bras du fauteuil au lieu de s'asseoir dans le fauteuil, c'est très bien lorsqu'il s'y asseoit sans s'en douter. A partir du moment où on "doit" s'asseoir sur le bras du fauteuil, ça devient une convention, aussi fausse que l'épée de d'Artagnan.
Et ceci est arrivé probablement au néo-réalisme italien, qui maintenant donne des œuvres aussi fausses que l'était le jeu de Francesca Bertini. En réalité, le "film" revient tout le temps, l'espèce de nuée opaque qu'il y a entre notre œil et la réalité se reforme, se reforme, se reforme… Et c'est notre propre esprit qui la reforme et qui l'accepte, parce que c'est tellement commode. Au fond, disons-le le problème c'est que chacun, chaque opérateur, chaque ouvrier, chaque peintre en décor, chaque menuisier, chaque décorateur, chaque acteur, pour que le cinéma reste vivant, devrait réinventer tout chaque fois. Mais c'est extrêmement fatigant. Il est tellement plus commode de tirer un petit tiroir et de dire : "le rustique !" Et on y va avec le rustique, et on est tranquille !…

Q. Ce qu'il y a de consolant, c'est que les œuvres qui découvrent quelque chose ne se démodent pas comme celles qui profitent des acquisitions des autres. Griffith, lui, reste.

Je crois même que les beaux morceaux de Griffith ont plus d'importance aujourd'hui que lorsqu'ils les a faits. Malheureusement, le cinématographe est un métier qui coûte cher, et on ne fait pas de cinématographe si les films ne rapportent pas de l'argent. C'est, mon Dieu, un problème assez aigu. Mais, en revanche, si l'on trouve l'occasion de travailler sans l'idée d'une exploitation normale, cela aussi, il me semble, est une faiblesse. Je crois qu'il faut travailler normalement, avec l'idée que le film sera présenté au public, plaira au public et fera des bénéfices. S'il n'en fait pas, tant pis. Mais il faut partir avec l'idée très avancée de faire un travail populaire. C'est l'essentiel du cinématographe qui le demande, puisque le cinématographe coûte cher, et qu'il est basé sur l'idée de la diffusion, sur l'idée qu'il sera présenté sur des milliers d'écran. Donc, il faut qu'il plaise en des milliers d'endroits différents. Ce qui se passe en ce moment-ci, c'est qu'il y a peut-être la place pour un cinématographe dont les produits, au lieu d'être reproduits nationalement sur des centaines d'écrans du même pays, seront reproduits internationalement, sur des écrans un peu spécialisés. Il y a peut-être moyen d'accumuler le nombre nécessaire de salles et d'écrans dans tous les pays du monde, au lieu de les accumuler dans un seul pays. Ça, c'est à mon avis, le grand phénomène de notre temps. »

(Entretien avec Jean Renoir, par Jacques Rivette et François Truffaut, Cahiers du cinéma n°78 - spécial Renoir, noël 1957.)


Scanner
2006-02-25 13:05:13

Repris dans le recueil d'entretiens « La Politique des auteurs » (Ramsay, 1991)

Tlön
2006-02-25 13:23:37

"Au fond, disons-le le problème c'est que chacun, chaque opérateur, chaque ouvrier, chaque peintre en décor, chaque menuisier, chaque décorateur, chaque acteur, pour que le cinéma reste vivant, devrait réinventer tout chaque fois. Mais c'est extrêmement fatigant"

On renverra donc également aux "Entretiens avec le professeur Y" de Louis Ferdinand Céline (Folio, 3,33 euros à la Fnac).

(...)
2006-02-25 14:25:21

Louis > il est vrai que les cahiers ont toujours représenté en quelque sorte la vertu de ceux qui l'avait perdue, je veux dire il y a souvent une obligation faite aux cahiers d'être vertueux, entendre par là, être irréprochable quand plus personne ne l'est; néanmoins, je souscris au constat de Séguret, moins sur les Cahiers que sur l'ensemble de la cinéphilie; encore une fois, s'il y a rancoeur ou je ne sais quoi d'autre, cela fait un moment que Séguret pointe de genre de chose...

il y avait bien sûr un peu d'espièglerie de ma part à "allumer la mèche" comme vous dites, mais en même temps je m'en fiche un peu...je ne lis plus beaucoup les Cahiers non plus (je me suis juste forcé à lire cette histoire de subtil que je trouve un peu fumeuse, et qu'on oubliera d'ailleurs comme on a oublié une autre théorie fumeuse intitulée "la chute des murs" (qui s'en souviens?)...ce qui est drôle c'est que tout le monde se sent propriétaire des Cahiers, alors qu'en effet ils ne devraient appartenir qu'à ceux qui font la revue (mais n'oublions jamais que le vrai proprio, c'est "Le Monde", je sais de quoi je parle)...j'ai toujours pesté personnellement contre les "amis des cahiers", parce qu'il y a toujours un petit côté gardien du temps qui est insupportable (Bergala en est l'exemple canonique)...donc ce n'était pas non plus mon but, je veux dire d'en être un, de gardien du temple, surtout pas...ce pourquoi je n'ai jamais parlé des Cahiers, ou peu, sur mon blog, je laisse ça à d'autres...

(sinon, merci de votre fidélité, très touché...quant au film, ça prend un peu plus de temps que prévu, mais c'est en bonne voie je crois)

Youk > un truc marketing? s'il n'y a pas de débat sur le forum des Cahiers c'est parce que c'est un forum censuré depuis ses débuts (impossible de dire du mal de la revue sur le forum en question)

Scanner > merci pour cet entretien à méditer...fort passionnant...

Slothorp > Séguret ne dit pas qu'il ne faut plus parler des films quand même...c'est juste une question de contextualisation il me semble, de savoir d'où parlent les films aujourd'hui...enfin, je crois...

Scanner
2006-02-25 14:41:01

De rien (juste un extrait).
C'est quoi, « l'ensemble de la cinéphilie », s'iouplaît ?

(...)
2006-02-25 14:51:46

aie! j'ai écrit ça? oui...

bon, disons la cinéphilie a fort pouvoir symbolique, donc (entre autre) les revues comme les cahiers ou positif...

(mais il est vrai que par exemple, Mad Movies représente peut-être un autre pouvoir cinéphile symbolique...et c'est encore autre chose...)

Tlön
2006-02-25 14:58:50

Laissons alors les films parler d'où ils veulent au lieu de vouloir jouer au petit chien de garde, de vouloir imposer sa dernière petite théorie ou danser dans la maison du mort les doigts sur sa console...et allons voir et revoir "L'Arche Russe" de Sokurov par ex et pas par hasard !

(...)
2006-02-25 15:12:35

Ah, Tlön, Tlön, Tlön...qu'est-ce que tu veux qu'on réponde à ça, franchement?
(et dans cette injonction à laisser les films parler d'où ils veulent, ne serait-ce pas toi le petit chien de garde, pour le coup?)

(par ailleurs, j'adore "L'Arche Russe", mais pourquoi faudrait-il donc convoquer l'idée de vanité et la mélancolie? Tu veux dire que l'Art reste et que les théories, les querelles de clocher, tout ça trépasse...?)

Tlön
2006-02-25 18:32:00

Tout à fait! Ca peut sembler un peu court...mais bon...je ne vois pas mieux mais il faut bien aussi s'amuser, le tout étant ne pas être trop dupe !

YouK
2006-02-26 12:11:13

JS, j'ai fait un tour sur le forum du site des Cahiers... on y critique les Cahiers et ses chef... vous pensez que c'est un truc organisé entre/par eux ? il parait qu'ils ne s'apprécient guere ... je me souviens d'un post au vitriol du site de Zohiloff sur l'ambiance des comité des rédaction et la guerre des chefs. si c'est le cas... tout ça est bien étrange.
à la fois, à l'époque du site de Burdeau, il n'y avait pas de moyen d'interaction avec les lecteurs, c'était très narcissique et aucunement interactif, aujourd'hui, pensez-vous qu'il a changé de point de vue, et a organisé l'ouverture pour mieux la contrôler ?

(...)
2006-02-26 13:08:14

j'ai donc été bien mal renseigné...quant à votre question, vous comprendrez que je ne suis pas forcément le mieux placé pour vous en parler...(cependant, guerre des chefs, oui, c'est évident...)

Sylvain
2006-02-26 15:58:06

pouvoir destructeur des mots (question qui me passionne) et double erreur de Burdeau :

vouloir à tout prix tisser des liens entre ses remarques sur les '90s, les '00s, la fiction, l'imagerie et la cuisine nouvelle, pour en faire une vision, 'The World According to Emmanuel', et n'y pas réussir ; et pour formuler le tout employer le pire mot possible, "subtil", qui allie assez bien sens abstrait et jolie prononciation pour qu'on ne retienne que lui et sa tocardise

résultat on discute ce terme et une vision qui n'aboutira pas, et on oublie les remarques qui se suivent des les articles, qui sont une par une plutôt intéressantes

malices
2006-02-28 16:20:57

Je n'aurais que quelques mots pour cet enfoiré de Séguret qui harasse ses lecteurs de toute sa frustration " On voit la paille dans l'oeil du voisin..."

Tlön
2006-03-01 10:31:48

La réponse de Burdeau (pas tout compris mais les derniers paragraphes m'interessent
http://www.liberation.fr/page.php?Article=363437

pour mémoire...
2006-03-01 11:58:31

Ça reste à voir
Vous avez dit «subtil» ?

par Olivier SEGURET

Les Cahiers du cinéma sont, hélas, une institution. Leur souffler dans les bronches ici même, dans ces pages qui furent autrefois le cadre d'une amicale complicité, pourra paraître injuste, mais le gâchis où se dissout aujourd'hui ce qui aura été la plus prestigieuse revue cinéphile du monde est tout aussi révoltant. Surtout si l'on veut bien considérer que nous sommes tous dans la même galère et que c'est à ce titre, aussi, que l'on s'inquiète.

La dernière trouvaille des Cahiers du cinéma s'appelle le «cinéma subtil» (1). On ne sait quel genre de comité de rédaction a pu valider un truc pareil (nuit d'ivresse ?), mais on craint de flairer là-dessous l'odeur d'une gaffe de confessionnal. Avec cette nouvelle douane qui départage le subtil du non-subtil, ce tampon de «subtilité» tout neuf, même si parfaitement flou, qu'ils vont pouvoir essayer aux quatre coins de leur carnet d'adresses critique, c'est comme si les Cahiers du cinéma cherchaient surtout à mieux cerner encore cette conception qu'ils se font d'eux-mêmes et de ce qui les distingue : l'autosatisfaction du mot «subtil» crève les yeux, sauf ceux de Narcisse...

La chose serait en elle-même vraiment anecdotique si elle n'était introduite sous de bien funestes dénégations. On ne peut pas, d'un côté, constater tous les jours que ce que l'on a appelé autrefois le «cinéma» et les «films» sont devenus des sortes de variables d'ajustement dans une horlogerie des médias et des flux à la complexité borgésienne et, de l'autre, continuer de cajoler la chimère nostalgique d'un «cinéma» comme instance morale au rayonnement pérenne, ou bien qui ne vaudrait que pour lui-même, ou pour la grâce de l'art, détaché dans son pur éther. Une espèce de Paradis totalement artificiel et meublé de certitudes rustiques, mêmes remaquillées «subtiles». Une fois de plus, les Cahiers donnent cette image d'officier assermenté au bon goût critique, qui réinvente selon ses convenances un alcootest de graduation Bazin : d'une main, on mesure si le taux de la fameuse «impureté ontologique» ne dépasse pas les bornes du convenable, de l'autre, on s'assure quand même que la teneur en «subtil» soit à la hauteur d'une certaine réputation du fournisseur Cahiers.

Pourtant, cette réputation n'a plus du tout le même prestige aujourd'hui qu'hier. Elle ressemble plutôt à un crédit prolongé, que l'on gage tout à fait inconsidérément sur des valeurs acquises par d'autres, autrefois, dans un tout autre contexte, et qui sont dramatiquement démonétisées. De ce point de vue, ce que continuent à imprimer chaque mois Positif et les Cahiers, les deux revues en chiens de faïence de notre vieille histoire cinéphile, c'est de l'emprunt russe : des jolis bons pas chers tout pleins de fioritures «critiques», qui auront sans doute un jour l'émouvant parfum d'un pittoresque de grenier, mais qui ne valent strictement plus rien à la Bourse affolée et affolante d'une cinéphilie atomisée. Contre les grands vents dont ils enregistrent les avis, les Cahiers du cinéma comme Positif semblent eux-mêmes très peu protégés, remplis d'idées désuètes et inutiles à la compréhension du monde, irrefourgables sur le marché.

Est-il possible de glisser ce premier conseil aux Cahiers : cesser une fois seulement de s'identifier à l'institution qu'ils sont malheureusement devenus un jour et à la hauteur de laquelle ils ne sont plus depuis déjà si longtemps. Repartir de là : à zéro, plutôt que de faire jouer la marionnette à un cadavre. Ses anciens habits ne sont pas simplement trop grands, ils sont vraiment trop ruinés.

(1) Numéro 609, février 2006.

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