28.5.2008

Spielbergomania

[ cinéma ]
(sans titre)
photo : Clélia Cohen


Commentaires

Ska - http://7and7is.over-blog.com
2008-05-30 17:17:11

Hmmm... Il est quand même un peu embarrassant son dernier film, non ?...

(...)
2008-05-31 17:02:36

écoute, peut-être est-ce ma spielbergomania mais j'aime plutôt bien le film avec son côté ironique et désabusé, si j'ai pas trop la flemme j'aimerai bien écrire une petite chose dessus...

Ska
2008-06-02 17:09:14

Oui, je connais ta spielbergomania. Eh bien, je te lirai avec plaisir si tu écris ça, parce que, là, vraiment, j'ai beau retourner le film dans tous les sens, rien ne m'aide à y accrocher (et pourtant, j'avais envie de l'aimer)...

slothorp - ts_py_01 [at] yahoo.fr
2008-06-03 22:02:18

Le spielbergomane que je suis s'est copieusement ennuyé devant les boules à facette de cristal en tête de mort. Passé le formidable lancer de frigo, ça rase sévère avec ses gros clins d'oeil. Je dirais qu'il y a eu du laisser aller sur ce coup-là.

P/Z
2008-06-04 11:00:43

Assez curieusement, ça m'a fait penser au premier (trop de second degré). Spielberg n'est jamais aussi bon que lorsqu'il croit à son sujet.

P/Z
2008-06-04 11:05:14

(opps coupure)
Croire dans un sens quasi religieux.

(...)
2008-06-05 23:00:28

oui, croire au sens quasi religieux, c'est tout à fait ça, c'était d'ailleurs ce que j'avais écrit à propos de son cinéma il y a pas mal d'années dans les cahiers...et certes, ce film ci est assez cynique, un peu j'menfouriste mais aussi incroyablement misanthrope (les hommes filmés comme des enfants capricieux et égoistes, coincés quelque part entre l'innocence animale - les plans sur les bestioles qui sortent du sol, ne comprenant rien aux activités absurdes des hommes - et la sagesse et l'intelligence extra-terrestres, trop grandes pour nous) au point que je trouve cela fascinant (au delà des moments plus faibles du film j'en conviens), il y a une sorte d'amusement désabusé à l'oeuvre, quelque chose qui renvoie tout le monde à ses vanités que je trouve assez beau; et puis il y a cette séquence de la bombe atomique, totalement surprenante, d'une totale incongruité dans l'univers d'Indy (ce moment où il se trouve dans la maison témoin, on se croirait dans un épisode du Prisonnier) et qui d'une certaine façon est au coeur du film, comme si tout le monde faisait semblant, après cette explosion qui est quand même une image presque cartoonesque de l'apocalypse, les adultes s'amusant comme des enfants comme si de rien n'était (la course poursuite dans la jungle, je te passe le sac, on te le vole, je le reprends) alors que le monde a définitivement changé, et que l'univers des serials qui fonde le personnage, est désormais loin derrière, suranné, inutile. Un truc sur la vieillesse en somme, l'impression de ne plus appartenir au monde, d'en être rejeté (incroyable image d'Indy dans le bar très "amrican graffiti" tel un papy incongru lui aussi devant la jeunesse insolente de Shia La Beouf - et d'ailleurs le film dénie à la jeunesse avec une certaine méchanceté, le droit de reprendre le flambeau)...à la fin il ne reste plus qu'à se marier et à rentrer dans le rang, un épilogue un peu aigre j'ai trouvé, ou le refus de donner son chapeau au jeune homme, avec le sourire please, n'est rien d'autre qu'un ultime sursaut - parce qu'on sait bien que Shia La Beouf il va le prendre le pouvoir, c'est évident - d'ailleurs son geste dans l'église vide, se recoiffer avec constance et ironie, entérine l'idée qu'un héros d'une nouvelle génération va prendre la place de l'ancien...non, vraiment, un drôle de film, gentiment malpoli et désabusé, râté à plein d'endroit mais aussi étrangement souverain...

Seb
2008-06-11 09:32:40

Oui mais ce geste, il le fait depuis le début, comme une sorte de ridicule chaque fois réaffirmé face au côté totalement désabusé d'Indy : a priori, j'aime bien cette manière qu'il a de n'avoir quasiment rien à faire, puisque la quête a déjà été menée à bien par son ami John Hurt qui lui, est du coup totalement passé du côté des gâteux question vieillesse avancée... Pour autant, ce n'est pas non plus Jack Burton qui, dans le film de Carpenter, ne faisait vraiment rien, toujours à côté de la plaque, toujours dépassé par les évènements. Là, du coup, on est dans un entre-deux : Indy reste le héros un peu comme si "de rien n'était", et cela donne un spectaculaire sans enjeu, ce qui est quand même problématique (pour qui prend ce genre de cinéma au sérieux): chaque phase de la quête enchaîne sur l'autre sans que rien ne fasse vraiment problème, sans accroc véritable pour les personnages qui sont les mêmes du début à la fin. Car les enjeux ne sont pas plus importants en ce qui concerne les personnages : la relation père-fils n'existe pas, la comédie du remariage est complètement ratée. Arriver au bout de la quête, dans les précédents, c'était comme arriver au bout du monde, avec la sensation que personne n'avait encore foulé du pied les décors remplis de pièges. Là, Spielberg sait que les parcs d'attractions ont repris la franchise depuis longtemps, d'où ce côté complètement toc, ce qui peut paraître intéressant de ce point de vue (on sent bien que ça le travaille quand même, Spielberg, cf. la très belle scène des mannequins, indeed), mais deux heures comme ça, cela devient franchement pénible, et on se dit qu'à jouer le jeu, le recours au numérique aurait dû être bcp plus limité, (S. aurait pu jouer, par exemple, sur deux régimes d'effets spéciaux, selon que l'on a affaire au père ou au fils, bref, relayer vraiment par la mise en scène, un duo qui ne fonctionne qu'à de très rares moments - la scène de la moto dans la bibliothèque). Pour le reste, les ET ne me gênent pas tant que ça (on reste chez Spielberg qd même), le pb, c'est que c'est assez moche, et l'on sent bien que tout cela n'a aucune importance. Or il y a du sérieux dans les croyances que véhicule le cinéaste. Le même sérieux que les enfants ont lorsqu'ils jouent, ou pour n'être qu'une croyance momentanée, le jeu n'en est pas moins le lieu d'une quête de soi par l'imaginaire. Là, on peut se réjouir du côté bras d'honneur (renvoyer tout le monde à ses vanités comme tu dis), mais c'est oublier une dimension essentielle du cinéma de Spielberg : son public. Et là, je pense que c'est faire fausse route. Se foutre de la gueule des spectateurs, je crois que Spielberg ne le fera jamais, sinon, comme ici, par maladresse.

moi
2008-06-22 17:29:53

juste une remarque : la belle scène (en effet) du village atomique me semble totalement reprise de La colline a des yeux, version Aja, qui en faisait dans son genre quelque chose de bien plus impressionnant.
Les plans et les idées sont reprises ici, mais l'évènement "sublime" de la bombe atomique (qui n'intervenait pas chez Aja) montre selon moi l'impasse dans laquelle était Spielberg pour ce film : toutes les bonnes idées sont dynamitées (ou désamorcées :p) avant de donner quelque chose de vraiment convainquant.

moi
2008-06-22 19:52:13

juste une remarque : la belle scène (en effet) du village atomique me semble totalement reprise de La colline a des yeux, version Aja, qui en faisait dans son genre quelque chose de bien plus impressionnant.
Les plans et les idées sont reprises ici, mais l'évènement "sublime" de la bombe atomique (qui n'intervenait pas chez Aja) montre selon moi l'impasse dans laquelle était Spielberg pour ce film : toutes les bonnes idées sont dynamitées (ou désamorcées :p) avant de donner quelque chose de vraiment convainquant.

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