06.8.2006

silence

[ le temps réel ]
(...)


"Des femmes passent sous mes fenêtres, comme si un gouffre ne s'était pas creusé dans la rue : l'arbre aux durs feuillages ne leur barre pas la route. Nous méritons d'être écrasés comme une taupinière. Nous sommes ignobles, nous qui passons les yeux fermés. Mais pourquoi me soumettre? Pourquoi continuer à gravir les marches? Immobile, le télégramme à la main, je reste sur cette marche d'escalier. Le passé, avec le souvenir des jours d'été et des chambres où nous nous sommes assis l'un près de l'autre, se disperse au loin comme du papier brûlé où clignent encore les yeux rouges de la flamme. A quoi bon aller voir les gens et renouer les vieux liens? A quoi bon manger, parler, et établir de nouveaux contacts? A partir d'aujourd'hui, je suis solitaire. Nul ne me connaîtra plus." (...)

(extraits du livre de Virginia Woolf, "Les Vagues")



Commentaires

Scanner
2006-08-08 23:22:48

Chin up, señor JS.
Puis évitez l'Ouse, please.
'Night.

L'Anonyme - zedud [at] yahoo.fr - http://gaelm.blogspot.com/
2006-08-09 09:56:54

Tiens donc j'ai toujours cru que c'était mon frère qui avait écrit ça...
Je plaisante (quoique)
Virgina Woolf pathétique jusqu'au suicide...

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