24.8.2006

en compagnie des fantômes

[ le temps réel ]
en compagnie des fantômes
"Puis, l'immobilité de ma matinée se brise comme un vase fêlé, et reposant le sac de farine, je me dis : "Je suis prise dans la vie comme le roseau dans l'étang recouvert de glace.""


Commentaires

John Mohune - john.mohune [at] orange.fr
2006-08-24 15:32:15

Oui, Virginia Wolf voit juste ici, comme à son habitude, et exprime avec de très belles images l'emprise de la vie sur notre propre personne. L'étau parfois se resserre à nous étouffer, et à d'autres moments plus rares - mais précieux - nous laisse respirer, si librement et si fort que l'air nous enivre et nous fait chavirer.

Longtemps je me suis demandé: la souffrance, à l'échelle de l'humanité, n'est-elle pas bien supérieure aux quelques infimes rayons de bonheur vécus par les êtres humains? Pour ceux qui ont eu la chance de vivre un tel moment, ils vont diront que la vie vaut la peine d'être vécu. Mais entre les souffrances morales et les souffrances physiques (parfois innommables comme l'histoire sait malheureusement les créer, y compris l'histoire contemporaine), la vie est injuste.

Une chose est sûre: l'être humain a été bien téméraire pour en venir jusqu'ici sans abandonner la partie.

J'ai bien conscience de ne pas apporter beaucoup d'espoir avec cette modeste contribution, et je m'en excuse d'avance cher JS, mais "l'état des choses" ne mérite t-il pas d'être dit avec clairvoyance et sincérité?

(...)
2006-08-25 00:58:44

peut-être qu'il faut faire comme Camus, se révolter contre l'absurdité de la vie, refuser de donner raison à l'absurde et au malheur...même si ça m'a toujours semblé une construction théorique un peu illusoire...je ne sais pas pourquoi nous continuons sans broncher, peut-être tout simplement parce que nous sommes programmés pour...

John Mohune - john.mohune [at] orange.fr
2006-08-25 01:22:41

Vous m'otez les mots de la bouche JS, je n'osais parler de programmation et pourtant... Si nous accordons à la vie tant de mystère, de spiritualité, d'amours, autant de choses abstraites et évanescentes, n'est-ce pas pour masquer une réalité plus dure, notre déterminisme à poursuivre la morne existence de l'humanité? Nous obéissons aveuglement à nos gênes, et le libre arbitre s'efface...

Darwin, vous avez dit Darwin?

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