21.8.2005

Bukowski apostrophé

[ télé en série ]
Ainsi, hier, on a vu un numéro d'Apostrophe, la fameuse émission de Bernard Pivot, dont l'invité de marque était Charles Bukowski. De "marque" il ne le resta pas longtemps d'ailleurs. Une chose d'abord : l'extraordinaire décalage qui règne entre l'image d'Apostrophe comme émission mythique, témoin des riches heures de la télévision pour les nostalgiques de toutes sortes, et sa réalité finalement peu reluisante. Les questions de PIvot sont à peu près nulles, ni plus ni moins intéressantes que celles d'un Guillaume Durand aujourd'hui. Davantage des questions de psychologie et de parcours personnel que de littérature, mais sans une once de subtilité, sans qu'au fond la psychologie rejoigne la littérature et inversement. Bukowski donc, qui ne devait pas en croire ses oreilles des questions que Pivot osait lui poser. Un exemple parmi d'autres : "n'êtes vous pas finalement le symbole de la décadence de l'Amérique?". Question de cuistre, question puritaine et petite bourgeoise qui assimile l'alcool et le sexe à la décadence. Question d'où ressortait ces relents anti-américain qui n'ont jamais déserté le paysage intellectuel français. Question à laquelle Bukowski répondit d'ailleurs exemplairement, avec un petit sourire en coin, comme quoi il n'était le représentant de personne, sinon de sa propre décadence.

Pivot avait l'air de ne rien penser de Bukowski et son oeuvre, rien de personnel en tout cas ("un tel pense ça de vous", "un tel dit ça de vous" étaient ses interventions favorites) lequel ne parla d'ailleurs guère, puisque très vite se sont les autres invités qui discourèrent sur lui (employant "il" devant lui comme s'il n'était pas là, s'adressant au professeur Pivot plutôt qu'à lui). Chacun avait son avis sur l'écrivain américain, lequel en était réduit à écouter leurs fadaises à travers la traduction qui lui parvenait dans son oreillette. BIen sûr, à mesure que l'émission avançait, Bukowski qui avait amené ses bouteilles de vin blanc (moment d'antologie où l'écrivain débouche sa bouteille devant les caméras), se mit à parler tout seul, parasitant quelque peu les interventions des autres invités. On vit alors se mettre en place une espèce de fronde collective contre Bukowski, faite de rires entendus, d'ironie infantilisante, et d'invectives ("ta gueule Bukowski" osa courageusement le révolutionnaire Cavanna que ça n'embêtait pas plus que ça de tirer sur l'ambulance).

Il y eu une certaine gêne à regarder ça, pour ne pas dire de la honte à voir tous ces nullards franchouillards traiter l'écrivain américain comme une merde sous prétexte qu'il était ivre. On était loin du foutoir anar du Droit de réponse de Michel Polac. Cette Apostrophe là avait beau avoir comme thème "En marge de la société?", il était très clair que les marges, on n'en voulait pas, qu'il fallait, monsieur, madame, rester poli et courtois dans le salon mondain de Bernard Pivot (enfin, seuls les marginaux devaient être polis, les autres avaient le droit d'insulter un grand écrivain sans que Pivot ne trouve rien à redire). Impossible de ne pas songer que déjà, on voyait à l'oeuvre ces mesquineries bien française, cette fatuité à se croire grand et éclairé. Impossible de ne pas se souvenir de ce que disait Bourdieu de la télévision, notamment à sa critique d'une émission de Jean-Marie Cavada lors des grêves de 1995, lors de laquelle Cavada avait presque insulté des cheminot parce que ceux-ci "parlaient mal" (ceci n'est pas une citation), c'est à dire n'avaient pas le bagage rhétorique des technocrates présents sur le plateau et avaient donc besoin de davantage de temps pour exprimer leurs idées (illusoire équité du temps de parole). Ce Pivot là et ses invités ne dépareilleraient pas à la télévision chiraco-sarkozienne qui es la notre. Ils seraient sans doute juste un peu moins aimables.


Commentaires

Ludovic - rrr [at] neuf.fr - http://ludovicmaubreuil.hautetfort.com
2005-08-22 17:25:51

"Pivot" est sans doute ce qui a fait le plus de mal à la littérature française. Le marketing Houellebecq et la grandiloquence Dantec viennent de là, comme la médiocrité de Moix ou d'Angot : le "parcours personnel", demandez-moi, s'il vous plaît mon parcours personnel.

(...)
2005-08-23 18:13:37

néanmoins mettre dans le même sac Angot et Moix, je trouve que vous exagérez Ludovic, pour ne pas dire davantage...Angot, quoi qu'on en pense, il faut au moins lui reconnaître qu'elle a forgé un style et une identité forte...

Ludovic
2005-08-23 18:29:51

je ne cache qu'il y avait de la provocation dans cette association, au moins parce que même s'il ne s'agit pas de littérature chez Christine Angot, il y a au moins une sincérité, qui est en revanche définitivment absente chez Moix. je ne suis absolument pas d'accord sur le "style", sauf bien sûr à admettre que tout un chacun a un style.

bbob - bbob [at] aol.com
2005-08-23 22:58:03

Contrairement à vous, je regrette énormément les émissions de Pivot, en particulier "bouillon de culture" (apos, j'ai moins regardé, étant plus jeune à l'époque). Jamais, Durand n'atteindra ce niveau.
Quelques mises au point. Pivot savait très bien ce qui allait se passer, et c'était bien le but. L'écrivain alcoolo qui provoque un scandale, il n'attendait que ça et Bukowski a parfaitement joué le jeu. Regardez donc n'importe quel bouillon de culture : Pivot s'arrange toujours pour inviter deux personnes qui se détestent(laclavetine et angot, Gonzague Saint-bris et, euh, l'autre gars spécialiste de Balzac...) et c'est ce qui rendait ses émissions si dynamiques. Contrairement à vous, je ne le lui reproche pas, au moins, c'était tout sauf barbant. Et, pour en revenir au sujet, c'est bien grâce au génie de Pivot qu'on parle encore aujourd'hui du passage de Bukowski à Paris. Plus encore : C'est grêce à cette émission que Buk a eu du succès en France et peut-être même que vous ne l'auriez pas connu sinon. Les questions de Pivot vous choquent peut-être, mais un Durant se serait contenté de dire : " M. Bukowski, vous êtes un grand écrivain...", non merci.
"moment d'antologie où l'écrivain débouche sa bouteille devant les caméras" Z'avez jamais vu quelqu'un ouvrir une bouteille ?
"("ta gueule Bukowski" osa courageusement le révolutionnaire Cavanna que ça n'embêtait pas plus que ça de tirer sur l'ambulance)."
Pour être précis, il a dit : "Bukowski, je vais te mettre mon poing sur la gueule" et il ne tirait nullement sur une ambulance. Vous donnez l'image paranoïaque d'une "fronde" (faut vraiment avoir honte de rien pour oser employer ce terme) crée par les vilains écrivains puritains français autour du courageux seul et unique rebelle bukowski.
La seule chose qu'il faisait, c'était vider ces bouteilles en parlant tout seul, or à ce moment-là, cavanna voulait poser une question precise à l'un des invités. Bon, là je vais citer de mémoire car j'ai vu Cavanna s'exprimer là-dessus à la télé il y a 4 ou 5 ans. Il y avait donc l'un des invités qui était docteur (sans doute le Dr Ferdière, mais je cite de mémoire) et qui avait interné Antonin Artaud et lui avait administré des électrochocs. Artaud avait écris de longues lettres pour supplier le docteur de cesser les électrochocs. Le but de Cavanna était de river le clou au toubib, et Bukowski l'en a empêché en faisant le pitre. Si vous revoyez l'émission, vous pourrez voir que juste avant d'engueuler Buk, Cavanna dit à l'autre :" franchement, vous êtes quelqu'un qui me fait peur" et puis : "Bukowski, je vais te foutre mon poing sur la gueule".
Pour le reste, Cavanna n'a jamais caché son admiration pour ce "monstre sacré" (selon ses propres termes) de Bukowski.
Bon, je vais arrêter là mon roman.
Amicalement.

Sébastien
2005-08-24 03:27:38

Pas tout à fait d'accord avec toi non plus, Jean-Sébastien : autant sur l'émission incriminée que de façon générale: sur ce que peut la télé (Pivot et d'autres) par rapport à la littérature.

Autrement dit cette manière qu'elle a de n'être jamais "dedans" (ce qui est impossible de toute façon), mais "à côté". C'est cet "à côté" que je trouve passionnant, ou comment la télévision peut fabriquer de la mythologie "autour" des écrivains.

Pivot, à mon sens, y arrive à certains moments, d'abord parce qu'il n'a justement pas de légitimité (lui-même l'a toujours dit ; il venait du service des sports lorsqu'on l'a parachuté sur "Ouvrez les guillements"). Aussi, il va efectivement créer un dispositif d'affrontement (parfois moins, parfois plus intéressant que chez Polac). Comme on le voit sur ce qui est dit plus haut, quelque chose d'une violence inhérente à l'oeuvre (celle d'Artaud comme celle de Bukowski) repasse dans la parole, par où la littérature s'excède elle-même, alors, dans la représentation. En un sens, si l'on veut la pointer au plus près à partir de l'image, il n'y a qu'en tournant autour.

Modiano chez Pivot par exemple, c'est génial : ce mec ne sait pas parler, c'est l'écrivain le plus anti-télévisuel qui soit, en apparence : sa parole crée alors une durée inédite par son débit plus qu'hésitant, et c'est l'image qui manque chaque fois de tomber, laisse la télé exhangue devant l'absence de mots (une absence qui est celle de l'oeuvre faite, sur laquelle on ne peut plus revenir: comme si Modiano alors disait : "et maintenant, silence").

(bon, soit dit en passant "Bouillon de culture" c'est de la merde, là-dessus pas de doute: on passe clairement du côté des accointances commerciales avec la Fnac).

En un sens, même Dumayet, lorsqu'il fait "Lectures pour tous", procède de la même façon, en plus spécialiste, certes : j'ai grand souvenir de l'interview de Célèste Albaret, la servante de Proust, qui éclairait l'élaboration de la "Recherche" à partir de son quotidien à elle...

Même Céline, lorsqu'il parle de son oeuvre, ne peut pas en parler autrement qu'à travers ce qui n'est pas elle. Et pour cause: le seul à n'en pas pouvoir parler, c'est bien celui qui l'a faite. Aussi bien, je me souviens moins avoir "entendu" Céline que de l'avoir "vu" parler. Là-dessus, l'image ne peut que recouvrir des mots qui se suffisent à eux-mêmes (ceux de l'oeuvre proprement dite), et qui ne sauraient en voir s'ajouter d'autres, sinon ceux d'un lecteur :mais alors, compte moins la parole de l'écrivain que celui de son interviewer (génie de Dumayet pourtant, qui laissait faire l'image, par quoi on entrait encore dans la littérature par la porte de derrière).

(...)
2005-08-24 16:04:00

je ne suis évidemment pas d'accord avec vous bbob, pour moi Pivot ne sais que faire de Bukowski, au bout d'un moment lorsqu'il s'est rendu compte que Bukowski ne lui fera poas les réponses qu'il attendait, ça ne marche plus; Pivot à mon sens est un mauvais journaliste, car il ne fonctionne qu'avec le "même", dès qu'il a en face de lui quelqu'un qui ne joue pas le jeu, ça ne marche plus...

sur la bouteille, je trouve ça étonnant parce qu'aujourd'hui on ne verrait plus ça, ni des gens qui boivent (où alors de l'eau), ni des gens qui fument comme chez Polac, tout ça est terminé...

quant à Cavanna, il dit bien effectivement "je vais te foutre mon poing sur la gueule", mais aussi un peu plus tard "ta gueule Bukowski", il revient plusieurs fois à la charge; pas de parano dans ma vision, c'est juste qu'à partir du moment où Bukowski devient dérangeant, parce que ivre, le vernis craque, et que Cavanna ait avoué son admiration pour Bukowski au début de l'émission ne change rien à l'affaire; de toute façon, le "ta gueule", c'est juste l'acmé de quelque chose qui a lieu très rapidement, lorsque les autres parlent de lui comme s'il s'agissait d'un enfant (la femme dont le nom m'échappe par exemple), ils ont tous quelque chose de très condescendant avec lui...Cavanna tout seul j'aurai trouvé ça différent, mais Cavanna suite aux ricanements entendus qui précédèrent dans l'émission, j'ai juste trouvé ça minable...

et puis le problème, pour répondre à Sébastien, c'est que par exemple, cette histoire d'Artaud, ça passe comme ça, vers la fin de l'émission, rien n'est traité ni réellement débattu; certes, un homme tronc qui parle pendant des heures comme on fait un cours magistral, ça ne serait vraiment pas possible, je suis d'accord pour dire qu'au fond, la télévision c'est une "esthétique de la discussion", et en ce sens ça ne me gêne pas d'assumer une part de superficialité, de parade, de cirque, de jeu, que sais-je encore...mais au fond, il ne se passe ni plus ni moins de chose chez Pivot qu'aujourd'hui chez Ardisson (souvenez vous d'Angot justement), qui pourtant n'est pas en direct, ou dans "On ne peut pas plaire à tout le monde"; il n'y a pas de dispositif chez Pivot qui soit suffisamment fort pour créer quelque chose, les choses se passent malgré Pivot, et inviter deux personnes qui pensent exactement le contraire, excusez moi mais c'est un peu court, Dechavanne fera ça lui aussi et le résultat n'est souvent pas brillant...

de toute façon, dans ces émissions, il y a souvent trop de monde, chacun a 10 minutes de temps de paroles, vend sa came, l'émission aurait été plus intéressante s'il y avait eu à peine trois ou quatre personnes (plutôt trois que quatre)...

je n'ai pas de problème avec l'idée du parcours personnel, mais souvent il faut bien reconnaître que ça vire à l'anecdote, je ne sais pas, j'aurai préféré que Pivot consacre plus de temps à Bukowski, qu'il parle de sexe, de vin, de politique, de n'importe quoi qui ne soit pas de la littérature plutôt que lui poser ces question d'une rare stupidité; qu'est-ce que j'en aie à foutre que Bukowski soit le symbole de la décadence, j'aurai préféré avoir son avis sur les vins qu'ils préfèrent, quel vin il avait amené sur le plateau...

et Sébastien, tu parles de Modiano, mais précisément Modiano on le laisse parler, Bukowski, il ne dit pas grand chose dans cette émission, dès que Pivot se rend compte que ça ne collera pas, il se retourne vers les autres pour leur demander ce qu'ils pensent du bonhomme...pour le coup, avant même d'être ivre, le corps de Bukowski était exclu du plateau, il n'avait plus en effet qu'à faire le pitre...

Sébastien
2005-08-24 18:45:57

Le problème n'est pas tant que les questions soient bonnes ou mauvaises à la télé. Pivot sait d'instinct qu'"il peut s'y passer quelque chose", c'est tout et ça suffit : lui a toujours eu une réelle modestie là-dessus contrairement à Ardisson (plus homme de dispositif il est vrai, de spectacle aussi). Pour moi, dans cette émission, on est chez Bukowski, même s'il ne dit pas grand chose. Aussi bien , c'est Bukowski qui est génial : il fait en sorte d'être comme chez lui, alors on est chez lui. Pivot laisse faire, il s'adresse aux autres, et pendant ce temps, en buvant son vin, Bukowski sait qu'il travaille sans rien dire à sa mythologie. Ou plutôt que la télévision travaille pour lui. Enfin, lorsque Cavanna l'invective, il fait encore du Bukowski, et somme toute n'a pas, Dieu merci, cette déférence policée à l'endroit de l'écrivain, du "génie incompris", etc. Il lui parle d'homme à homme (avec un rien de rudesse il est vrai) : ce que j'aime dans la littérature américaine, et ce que l'on retrouve chez Bukowski.

z - sandrascrable [at] altern.org - http://www.20six.fr/zandra
2005-08-29 14:53:46

pour ou contre Pivot, chacun son truc
mais de là à dire que c'est grâce à lui que l'on lit Bukowski faudrait voir à pas trop pousser
tout est question de génération certainement, moi à 5 ans je ne regardais pas Apostrophe, bizarrement mon truc c'était plutôt Casimir
ce qui m'a fait lire Bukowski ? je ne sais plus mais certainement pas la télé
ce qui m'a fait aimer Bukowski ? son écriture, et rien d'autre

Seb - zavoiardini [at] yahoo.com
2006-02-17 10:02:59

Quelqu'un peut-il poster la video de l'emission? Merci

thibaut - t.donck [at] skynet.be - http://groups.google.be/group/medias-mensonges-desinformation
2007-01-28 18:53:27

Merci de tout coeur pour votre texte qui fait ressurgir cet épisode (lamentable) de l'histoire de la télévision... J'ai longtemps essayé de trouver un enregistrement de cette émission. Ce qui m'avait le plus frappé en fin de compte, c'est l'extrême gentillesse de B, saoul mais dont la chaleureuse solitude marquait, par son contraste avec le mépris consensuel des autres invités et leurs ricanements minables. Ais-je rêvé ou, à un certain moment B. a tapoté gentiment le crâne dégarni du Dr. Truc, interdit... ?

Bien à vous

PS:Je me suis permis de reprendre votre texte et ses commentaires sur mon groupe, dont je vous laisse l'adresse. Si celà pose un problème, faites-le moi savoir; je retirerai celui-ci immédiatement.

(...)
2007-01-28 22:16:16

aucun souci...
bien à vous
JS

ethop!
2007-04-15 02:36:32

http://www.youtube.com/watch?v=DnTc-aFkN1I&eurl=http%3A%2F%2Fprofile%2Emyspace%2Ecom%2Findex%2Ecfm%3Ffuseaction%3Duser%2Eviewprofile%26friendid%3D40450457

Manon - manonradio [at] hotmail.com
2008-03-05 15:05:09

Bonjour,

Je vous ai lus avec intrt et je me dis peut etre que quelqu'un qui passe ou revient sur ce site pourrait m'aider:

Je recherche un enregistrement de l'mission bouillon de culture dans laquelle taient runis notamment Gabrielle Wittkop, Franoise Mallet Joris, Franoise Giroud. C'tait je crois en 2000 ou 2001.

D'avance merci!

omeric - breuner [at] free.fr
2008-04-17 11:49:56

Je suis à la recherche de l'enregistrement de l'émisson Bouillon de culture du 19 Janvier 2001 avec Gabrielle Wittkop et Françoise Giroud et aussi d'un entretien de Pierre Assouline avec Gabrielle Wittkop sur France culture je crois. Bref je cherche tous documents audio, télé, photo relatif à cet écrivain et puis aussi je cherche ses livres Hemlock ou les poisons et litanies pour une amante funèbre.Mille Mercis.

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