24.11.2006

un billet de 2050

[ télé en série ]
Je me souviens de La Nouvelle Star 2006, oui, La Nouvelle Star (après tout pourquoi seuls les films, les livres, les choses "nobles" devraient bénéficier d'un devoir d'inactualité?). Moi seul sais pourquoi je m'en souviens maintenant mais ça n'a aucune importance. Je me souviens en particulier que la dernière émission m'avait saisi, une émission belle à pleurer, dans laquelle les choses s'étaient déplacées, les choses avaient changé, les choses avaient mûri. Un court instant, en son début, l'émission vit son passé ressurgir et distiller quelques étoiles éphémères avant de les laisser s'évanouir tout à fait. Puis elle retomba dans l'amnésie, dans le règne impérieux du direct et la grisante jouissance du présent.

Sans aucune annonce, sans même un effet de suspense, la présentatrice se tût et l'on vit le plateau s'agiter. Qui donc allait apparaître tandis que les premières mesures finissaient d'organiser la venue d'une chanson? Quel(s) corps allait surgir? Non pas les deux finalistes, pas tout de suite, mais, un à un, dans l'ordre de leur disparition, les candidats malchanceux. Curieuse manière de les laisser débarquer, un puis un puis un puis un, avec à la bouche un couplet de la chanson, sans avoir préparé le terrain, sans même annoncer une surprise par un clin d'oeil complice. Non, rien de rien. Ce ne fut pas un montage smooth (l'image qui vient déjà amorcée dans celle qui précède) mais cut (une image tombée du ciel). Une coupe brutale, presque expérimentale dans l'orthodoxie télévisuelle qui veut que, à l'instar du cinéma classique des années 1940, jamais on ne lâche le spectateur. Rien ne nous avait préparé à cette apparition soudaine, personne ne nous a pris par la main, nous a dit où mettre les pieds. Seuls face à l'événement, face à la beauté de la coupe. Du moins est-ce ainsi qu'on s'en souvient.

Puis vint la chanson, cette drôle de chanson chantée en son temps par Alain Chamfort, Le temps qui court. Le temps avait couru en effet, des images en avaient chassées d'autres, et ces visage semblaient revenir de temps anciens comme des réminiscences proustiennes. Des visions, des sons, presque des saveurs qui semblaient venir de beaucoup plus loin que leur réel point d'origine, comme si la télévision, avec son amour du direct, dilatait inexorablement le temps, renvoyant dans un lointain sans âge ce qui était pourtant là hier. Ils chantaient, ils disaient "les hommes ont remplacé tes poupées", ils disaient "c'est le temps qui court qui nous rend sérieux", "change les plaisirs", ils parlaient "d'orgueil", de "manque d'amour",de vieillissement, ils entamaient leurs phrases par des "et finalement", des "à l'heure qu'il est". Ils parlaient d'eux, avec les mots simples des chansons de variété. Le temps avait couru et nous ne le savions pas, nous avions inconsciemment refoulé cette évidence, nos désirs rivés sur la gerbe finale de l'émission.

Je me souviens de la cruauté et de la justesse, du talent de mise en scène des organisateurs de l'émission. Les candidats avaient vieilli en effet. Ces mots dans leurs bouches sonnaient comme des vérités, à la manière d'un karaoke asiatique où la pudeur oblige qu'on fasse un détour, qu'on passe par le relais d'une chanson pour dire ce qu'on a sur le coeur. Et comme dans un karaoke ils faisaient semblant, comme si de rien n'était, ils chantaient avec entrain, dans une dernière étincelle, faisant mine d'ignorer les paroles un peu tristes, presque amères de la chanson. Ils avaient l'air plus vieux car ils étaient chargés de mémoire, ils avaient acquis une épaisseur temporelle et, dans leur échec même, semblaient avoir appris quelque chose de la vie et du temps qui va trop vite, celui du train à grande vitesse de la télévision et des mass media qu'il faut vite attraper sans quoi on reste sur le bas côté.

Puis, la chanson terminée, ils disparurent comme dans un spectacle de prestidigitation. Sans un mot de la présentatrice, sans qu'on les montre s'enfoncer dans les profondeurs des coulisses. Coupe brutale là aussi, comme si l'émission avait feint d'ignorer la terrible scène qui s'était déroulée derrière les visages enjoués et les couleurs criardes du plateau. Ils étaient venus faire un dernier tour de chant, point d'orgue de leur quart d'heure de célébrité et l'émission qui avait pris tellement de gants avec eux, qui les avait choyés telle une Big Mother comme la télévision sait en fabriquer, cette émission était passé à autre chose. Ce fut, dans le court laps de temps d'une chanson, un feuilleté dense et épais presque contradictoire avec la littéralité habituelle du direct. En cet instant microscopique à l'échelle des flux, la réalité de la télé avait vacillé.

par jean-sebastien à 00:48 | Commentaires(8) | Lien permanent

23.9.2005

ce soir, oj et lp aux platines

[ télé en série ]
Ce soir, diffusion du fort passionnant film d'Olivier Joyard et Loïc Prigent sur les séries télé américaine, ici...

(je viens d'apprendre également que Ma terminale repasse sur Fun Tv...très belle et innovante série française - une fois n'est pas coutume - passée un peu inaperçue l'année dernière lors de sa diffusion sur M6)

par jean-sebastien à 11:51 | Commentaires(3) | Lien permanent

consternant isn't it?

[ télé en série ]
un blogeur ami m'envoie cet extrait par mail :

"Il y a pire : la même chaîne a co-produit avec Canal + une nième version du Bossu. L'originalité, encore une fois, n'est pas au rendez-vous. Enfin, si, mais pas comme vous l'imaginez ! Comme personne ne l'ignore, à la fin du roman [et de toutes les adaptations à ce jour !], Lagardère épouse Aurore, qu'il a sauvée et élevée - et qui a vingt ans de moins que lui. Leur histoire d'amour est centrale à l'intrigue, elle n'a rien de scandaleux dans le contexte historique, et elle a été été traitée de manière tout à fait délicate à la télévision dans les années 60 par Jean-Pierre Decourt et au cinéma, tout récemment, par Philippe De Broca.

Eh bien, si incroyable que cela paraisse, les représentants de la chaîne, choqués, auraient décidé de changer la fin ! Dans la version du Bossu que prépare France 2, Lagardère n'épouserait plus Aurore, il épouserait... la mère de celle-ci
".

c'est un extrait d'un texte de Martin Winckler dont l'intégralité se trouve ici...

par jean-sebastien à 01:21 | Commentaires(1) | Lien permanent

13.9.2005

Desperate Housewives série du repli ?

[ télé en série ]
Faut-il se préoccuper de l'idéologie sous jacente à Desperate Housewives, si tant est qu'on puisse la définir clairement? Plutôt non. Le génie de Desperate Housewives comme des innombrables séries américaine qui parviennent jusqu'à nous, c'est qu'elles ne font pas vraiment de politique. Ici, il y a moins la défense d'une idéologie propre que des problèmes de conscience, des choix moraux. Demande t'on à Ford de remettre en question le dur labeur et l'exploitation des travailleurs de la mine dans Qu'elle était verte ma vallée? Au fond, si Desperate Housewives est une série républicaine, elle l'est sans affect, sans prosélytisme, avec l'idée de poser un contexte (l'Amérique wasp, pavillonnaire, patriarcale) et d'y faire germer autant de fictions possibles dans un tel contexte.

Il y a quand même une étrange particularité à cette petite communauté de Wisteria Lane, c'est son côté endogène. Il n'y a pas, comme dans les grandes séries américaines récentes, l'adjonction permanente d'éléments hétérogènes. Pas de psy pour suivre un mafieu (Les Sopranos), encore moins la multiplicité d'une grande ville pour organiser di'mprobables rencontres (Sex and the city), aucun quadrillage du territoire commun (24) ni de lieu frontière où se croisent les citoyens (le commissariat de The Shield, l'hôpital d'Urgences). Nul contrechamp en somme. Tout juste la petite communauté voit-elle apparaître un nouveau voisin, wasp comme elle. Série réactionnaire alors, qui verrait le sacrement d'une seule et même identité, incapable d'extériorité? Peut-être (mais cela est secondaire), à la façon dont Dallas, par exemple, noue ses fils entre le ranch et le bureau, les voitures et la piscine, sans rien voir du monde qui l'entoure.

Ce caractère endogène fait à la fois la limite et la plus grande force de de Desperate Housewives. Ce retour à une intériorité non partagée n'aboutit pas à une pacification tout juste bousculée par quelques mésaventures et inimitiés farouches. Elle est bel et bien concentrationnaire. Les passions qui s'y déchaînent sont violentes et morbides, dissimulées derrière la façade des apparences, comme en témoigne le personnage le plus génial de la série, Bree Van de Kamp. Une certaine horreur pavillonnaire, un goût prononcé pour le macabre, l'eviscération des affects, le cauchemar d'une vie passée à ne rien vivre, autant d'affronts à la fiction traditionnaliste dont on serait bien en peine de découvrir la trace dans n'importe quelle oeuvre conservatrice française.

C'est là le symptôme le plus réjouissant de Desperate Housewives : quelle que soit l'idéologie qui la sous-tend, elle étudie au microscope, sans mensonges ni faux fuyants, les extrémités de son petit monde, et non plus seulement son centre fédérateur. Comme si Ford avait rencontré Lynch en somme.

Sandrine et Sébastien m'ont déjà pris de court...

par jean-sebastien à 19:47 | Commentaires(6) | Lien permanent

21.8.2005

Bukowski apostrophé

[ télé en série ]
Ainsi, hier, on a vu un numéro d'Apostrophe, la fameuse émission de Bernard Pivot, dont l'invité de marque était Charles Bukowski. De "marque" il ne le resta pas longtemps d'ailleurs. Une chose d'abord : l'extraordinaire décalage qui règne entre l'image d'Apostrophe comme émission mythique, témoin des riches heures de la télévision pour les nostalgiques de toutes sortes, et sa réalité finalement peu reluisante. Les questions de PIvot sont à peu près nulles, ni plus ni moins intéressantes que celles d'un Guillaume Durand aujourd'hui. Davantage des questions de psychologie et de parcours personnel que de littérature, mais sans une once de subtilité, sans qu'au fond la psychologie rejoigne la littérature et inversement. Bukowski donc, qui ne devait pas en croire ses oreilles des questions que Pivot osait lui poser. Un exemple parmi d'autres : "n'êtes vous pas finalement le symbole de la décadence de l'Amérique?". Question de cuistre, question puritaine et petite bourgeoise qui assimile l'alcool et le sexe à la décadence. Question d'où ressortait ces relents anti-américain qui n'ont jamais déserté le paysage intellectuel français. Question à laquelle Bukowski répondit d'ailleurs exemplairement, avec un petit sourire en coin, comme quoi il n'était le représentant de personne, sinon de sa propre décadence.

Pivot avait l'air de ne rien penser de Bukowski et son oeuvre, rien de personnel en tout cas ("un tel pense ça de vous", "un tel dit ça de vous" étaient ses interventions favorites) lequel ne parla d'ailleurs guère, puisque très vite se sont les autres invités qui discourèrent sur lui (employant "il" devant lui comme s'il n'était pas là, s'adressant au professeur Pivot plutôt qu'à lui). Chacun avait son avis sur l'écrivain américain, lequel en était réduit à écouter leurs fadaises à travers la traduction qui lui parvenait dans son oreillette. BIen sûr, à mesure que l'émission avançait, Bukowski qui avait amené ses bouteilles de vin blanc (moment d'antologie où l'écrivain débouche sa bouteille devant les caméras), se mit à parler tout seul, parasitant quelque peu les interventions des autres invités. On vit alors se mettre en place une espèce de fronde collective contre Bukowski, faite de rires entendus, d'ironie infantilisante, et d'invectives ("ta gueule Bukowski" osa courageusement le révolutionnaire Cavanna que ça n'embêtait pas plus que ça de tirer sur l'ambulance).

Il y eu une certaine gêne à regarder ça, pour ne pas dire de la honte à voir tous ces nullards franchouillards traiter l'écrivain américain comme une merde sous prétexte qu'il était ivre. On était loin du foutoir anar du Droit de réponse de Michel Polac. Cette Apostrophe là avait beau avoir comme thème "En marge de la société?", il était très clair que les marges, on n'en voulait pas, qu'il fallait, monsieur, madame, rester poli et courtois dans le salon mondain de Bernard Pivot (enfin, seuls les marginaux devaient être polis, les autres avaient le droit d'insulter un grand écrivain sans que Pivot ne trouve rien à redire). Impossible de ne pas songer que déjà, on voyait à l'oeuvre ces mesquineries bien française, cette fatuité à se croire grand et éclairé. Impossible de ne pas se souvenir de ce que disait Bourdieu de la télévision, notamment à sa critique d'une émission de Jean-Marie Cavada lors des grêves de 1995, lors de laquelle Cavada avait presque insulté des cheminot parce que ceux-ci "parlaient mal" (ceci n'est pas une citation), c'est à dire n'avaient pas le bagage rhétorique des technocrates présents sur le plateau et avaient donc besoin de davantage de temps pour exprimer leurs idées (illusoire équité du temps de parole). Ce Pivot là et ses invités ne dépareilleraient pas à la télévision chiraco-sarkozienne qui es la notre. Ils seraient sans doute juste un peu moins aimables.

par jean-sebastien à 14:28 | Commentaires(14) | Lien permanent

17.8.2005

quelques notes sur "Lost"

[ télé en série ]
Principale étrangeté de Lost, les enjeux ne sont pas vraiment identifiables, un peu à la manière d'un work in progress. Alors que dans la plupart des séries les enjeux sont posés en quelques dizaines de minutes (je revoyais les premiers épisodes de Dallas l'autre jour : au delà de l'indigence formelle, sa façon de poser toutes les problématiques qui suivront ensuite dans la série en moins d'une heure est assez remarquable), il est difficile de savoir ce que raconte vraiment la série. C'est assez beau cette idée que l'on suit un objet sans en avoir réellement les clés, même à l'approche du final de la première saison. On ne regarde, d'une certaine façon, que du vide. Lost pose la question du sens et il semble bien que pour l'instant elle en soit dépourvue.

Flash Back
En tout cas on n'est pas dans une idée du genre Sa majesté des mouches. La question de la recréation d'une société, d'un groupe n'est (pour l'instant en tout cas) pas le sujet. Les flash back ramènent toujours les personnages à un passé qu'ils ne quittent jamais et les font exister en tant qu'individus au delà des péripéties qui se déroulent sur l'île. Les flash back en quelque sorte, les empêchent, dans l'économie dramatique de la série, de se constituer en société. Peut-être est-ce pour cela qu'il n'y a pas encore de vrai couple (car rien à construire). On n'est pas davantage dans une robinsonade : ici, du passé on ne fait jamais table rase (leur passé étant intimement lié à leur présence sur l'île comme le suggère certains épisodes).

11 septembre
Pas question de filmer un milieu comme dans la plupart de séries (la prison, la mafia, les gays, les lesbiennes, la police, les cités pavillonnaires, la famille, la CIA, que sais-je encore), mais au contraire de planter un ensemble disparate de personnages, reliés les uns aux autres de façon ténue, sans autre lien communautaire qu'un accident d'avion et quelques connexions surnaturelles. Peut-être, finalement, que seul un spectateur post-11 septembre est capable de s'intéresser à une série sur des bases aussi filandreuses, de suivre des personnages évoluer dans un brouillard qui n'en finit pas, d'accepter une série qui parle moins du vivre ensemble que de l'individu seul avec son destin (exemplairement John Locke). Pas un hasard non plus si Lost est contemporain de Shyamalan ou des derniers Spielberg.

Parabole vs série?
En même temps, d'un épisode à l'autre, la série reste très inégale. Impression que parfois les créateurs ne savent pas vraiment où ils vont eux-mêmes (alors que dans les deux premières saisons de 24 - la troisième m'ayant déçu - les scénaristes avaient beau travailler au jour le jour, jamais on n'avait ce ce sentiment). C'est la limite du work in progress : les créateurs de Lost savent-ils vraiment de quoi ils parlent? Pas certain. Mais c'est aussi ce qui fait de cette série un objet à part. A sa manière Lost pose la question de savoir si son scénario parabolique n'est finalement pas davantage un scénario de cinéma. Le sens d'une parabole ou d'une allégorie vient souvent éclater au moment de sa conclusion (qu'on pense seulement à L'invention de Morel de Bioy Casares auquel Lost fait un temps penser). A reculer sans cesse la résolution du sens Lost prend le risque de dissoudre et la parabole et l'idée même de série. Autrement dit, la série est-elle soluble dans la parabole? Réponse, peut-être, dans la deuxième saison.

ps : il faudrait peut-être (re)voir Le Prisonnier, l'une des rares séries allégoriques dont Lost est finalement plus proche que de l'ensemble des séries américaines chez qui le paradigme serait plutôt le réalisme (jusque dans les aspects fantaisistes d'Alias où les délires extrêmes de 24)

par jean-sebastien à 13:30 | Commentaires(10) | Lien permanent

30.7.2005

bouffon moral

[ télé en série ]
L'autre jour, avec Vincent, on parlait de cette émission cynique, Tout le monde en parle. Cynique parce que son présentateur et concepteur, Thierry Ardisson (un type intelligent) est conscient du carnaval "fin de civilisation" qui fait se cotoyer chefs militaires africains et bimbo de passage, où le public applaudit indifféremment la bimbo et le chef militaire sans se soucier de politique. Mais là n'est pas le plus curieux. Le plus curieux, en effet, c'est que le seul poids de moralité c'est paradoxalement Laurent Baffie qui l'apporte, c'est à dire celui qui est censé jouer les bouffons, les amuseurs publics. Baffie, par ses piques assassines, est souvent celui par qui la critique (et conséquemment la morale) a droit de cité. Etrange retournement, curieuse époque que celle où la critique n'est pas dans le débat (qui ne sert qu'à parader) mais dans la bouche du bouffon. A moins qu'il ne s'agisse d'une tradition monarchique (de la part d'Ardisson ce serait logique) où le bouffon est finalement celui a qui le Roi octroie le droit de se moquer de ses courtisans...

par jean-sebastien à 12:05 | Commentaires(4) | Lien permanent

25.6.2005

quizz 2

[ télé en série ]
quizz 2



par jean-sebastien à 12:49 | Commentaires(9) | Lien permanent

07.6.2005

la petite Sydney court...

[ télé en série ]
la petite fille courait, courait...
La petite Sydney court, jusqu'à épuisement. Elle a déjà l'intuition que plus grande, il lui faudra courir toujours plus, comme une héroïne de film d'action, afin d'élucider peu à peu les mystères qui vont obscurcir sont enfance. Courir pour elle, c'est une façon d'éviter la dépression, de sublimer ses multiples névroses, de garder autant que faire se peut, un esprit sain dans un corps sain, là où des puissances s'acharnent déjà contre elle, petite fille en quête de paix et de vérité. Dans Alias, la série dont elle est l'héroïne, pour faire retour sur le passé, il faut paradoxalement avancer, courir vers l'au-delà de l'horizon, conquérir le présent afin de recouvrer ses origines et s'acheminer enfin vers son devenir. Ici, le cabinet du psychanalyste est un terrain de jeu à l'échelle planétaire, l'iintrospection est une action. De là à imaginer que tous ces personnages sont le fruit de son imagination, il n'y a qu'un pas. D'ailleurs, il ne sont pas vraiment réels, ils reviennent sans cesse là où ils sont pourtant censés être morts, ils sont comme lazare (d'ailleurs un personnage ne s'appelle t'il pas Lazarey?), ils renaissent tous au moins une seconde fois, au pire ils se transforment, font volte-face. Ils ont souvent une seconde chance. L'imagination bouillonnante de la petite fille est ainsi : c'est une grande parade de la ressurrection des corps. Elle même meurt pour mieux renaître, comme l'atteste sa saison 3. Elle fut une autre, dans un grand trou noir, mais elle est redevenue Sydney après avoir disparu dans la crypte. Pourtant, dans cet étrange épisode 14 où tout est redoublé, c'est la seconde chance de Sydney qu'on chercher à anéantir. Lauren ne se contente pas de lui avoir pris Michael, elle rejoue, avec Julian Sark, un idéal de couple d'action que seuls Sydney et Michael Vaughn avaient jusque là incarné. Comme si, finalement, après avoir pris sa place auprès de son amoureux, c'était la série elle même qui cherchait à l'effacer derrière les prouesses de sa concurrente. Tandis qu'elle court, la petite Sydney entend qu'on l'appelle. Son père sans doute. "Sydney!" C'est sûr, il faut qu'elle cesse de s'éloigner dans le fond de l'image, il faut qu'elle revienne sur le devant de la scène, qu'elle reprenne les rennes de sa vie. Elle a jusqu'à la fin de la saison pour y parvenir.


par jean-sebastien à 21:50 | Commentaires(4) | Lien permanent

25.5.2005

élégance et distinction

[ télé en série ]
Le direct, c'est le talent particulier de la télé. C'est aussi son risque majeur. Tout à l'heure sur une chaîne nationale, pendant une retransmission d'un match du tournoi de Roland Garros : la caméra suit, entre deux jeux, une jeune femme descendant les gradins; impossible de rater son décolleté pigeonnant; bon, on passe à autre chose; puis soudainement, la caméra revient sur elle, zoomant sur son décolleté jusqu'à ce que ses deux seins engoncés remplissent l'image complètement; il avait déjà fallu subir les réflexions bien beaufs des commentateurs quand l'un d'eux se fend d'un "balles neuves!". Je crois que les autres n'ont même pas oser rire...

par jean-sebastien à 16:59 | Commentaires(22) | Lien permanent
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